Les présidents de certains clubs tombés dans un cercle vicieux de litiges insolubles subissent leurs erreurs de gestion, mais aussi le peu de scrupules de certains avocats de joueurs qui ne font que mettre de l’huile sur le feu.

Contrairement à ce que l’on a envie de penser et d’espérer, les litiges de plus d’un club tunisien avec la Fifa sont loin d’être finis. Le Club Africain en est le meilleur exemple. Après la lueur d’espoir, donnée suite à la réunion au siège de la FTF, la création d’un comité de sauvetage et l’ouverture d’un compte bancaire spécial pour collecte de dons destinés à éponger les dus à des joueurs, des clubs et des entraîneurs ayant réussi à obtenir une décision en leur faveur par la commission compétente de la plus haute instance sportive dans la monde, on est presque sur le point de jeter l’éponge et de retourner à la case départ avec de nouvelles affaires qui surgissent, de nouvelles menaces de recours, que ce soit à la commission fédérale des litiges de la Fédération tunisienne de football, qui ne fait pas dans la dentelle sous la présidence de M. Hamed Maghrebi pour enfoncer le clou et mettre à genoux des clubs déjà sur les rotules par (des sanctions à coup de millions en faveur de joueurs qui brandissent un contrat, des avantages et des droits signés sur le papier (tout en faisant fi de plus d’une obligation sur le terrain), que ce soit aussi à la chambre de résolution de litiges de la Fifa qui commence à s’inquiéter des tas de dossiers qui ne cessent de lui parvenir du côté de la Tunisie, ternissant l’image d’un football toujours classé deuxième au niveau africain et d’une Fédération qui fait de son mieux.

Il est dommage que ces litiges en cascade, qui sont en train de noircir le tableau d’un football que les performances indéniables de notre équipe nationale et de nos clubs ont auréolé, soient l’œuvre d’intermédiaires tunisiens et soi-disant «experts» et «sommités» dans les réglements sportifs que certains présidents de clubs ont appelé à leur secours et à leur chevet, comme conseillers juridiques afin de les accompagner dans la rédaction de contrats «bien ficelés» pour les protéger contre les abus et les dérives des autres parties (joueurs, entraîneurs et clubs étrangers). Ces nouveaux intermédiaires dans le paysage sportif, et notamment footballistique, surgis de l’ombre sont des juristes de droit commun qui ont profité de l’aubaine pour s’enrichir, devenir millionnaires et même milliardaires en temps record sur le dos des clubs tunisiens, par la faute de quelques présidents naïfs qui leur ont accordé plus que leur confiance, une fatale carte blanche. Personne n’ignore les informations selon lesquelles un avocat, comme Anis Ben Mime, aurait été l’homme de l’ombre et de confidence de l’ex-président du Club Africain, Slim Riahi, et qu’il aurait une grosse part de responsabilité dans la conclusion des principaux contrats «volumineux» qui ont enfoncé le club dans une série de litiges quasi insolubles et une crise financière sans précédent qui pourraient lui valoir une rétrogradation ridicule et indigne de sa prestigieuse histoire et de son glorieux passé avec des joueurs d’exception qui n’ont pas été jusqu’à ce jour égalés.

Personne n’ignore aussi que l’avocat de certains joueurs, M. Ali Abbès, n’est pas allé de main morte dans la défense de ses clients pour mettre le couteau sous la gorge des responsables clubistes, utilisant l’arme suprême : la demande de l’interdiction de transfert jusqu’à la régularisation de la situation. Au niveau de la chambre de révolution des litiges de la FTF, El Jary a eu le mérite de comprendre le danger de cette épée de Damoclès, brandie sur les clubs qu’est l’interdiction des transferts et a donné ses consignes pour qu’elle ne soit plus retenue et vendue dans les verdicts même si les avocats en ont fait la requête aux diverses commissions.

Un message indirect et à l’intérêt général de notre football qui doit primer sur toute autre considération à tous ces «chasseurs de primes» qui sont prêts  à faire tomber le toit sur nos clubs en difficulté, dont ils ont largement profité sans le moindre égard, sans le moindre souci et sans le moindre scrupule, pensant uniquement aux mises qu’ils peuvent rafler à la fin.

Hédi JENNY

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