Ce qu’il convient aussi de souligner et de saluer, c’est la supériorité de la participation des électeurs de plus de 45 ans, par rapport aux deux autres tranches d’âge, celle des votants âgés entre 26 et 45 ans et celle des jeunes âgés de 18 à 25 ans.

Sensibles aux critiques essuyées pour leur abstention irresponsable lors des précédentes élections, qu’elles soient municipales, législatives ou présidentielles, au premier tour, mais surtout désireux de se racheter et de marquer de leur empreinte le scrutin du second tour, un bon nombre de jeunes n’ont pas cette fois-ci manqué à l’appel, même si leur affluence aurait pu être plus massive. Côté chiffres, le taux de votants appartenant à la frange des 18-25 ans a, à titre d’exemple, évolué à Sfax 1 de 09,19% à 11h00, à 11,46% à 13h00.

C’est ce qui explique probablement la hausse enregistrée par les taux de participation par rapport aux précédentes échéances électorales, comme l’indiquent les statistiques régulièrement révélées par Mohamed Hammami et Anis Trigui, respectivement présidents des instances régionales indépendantes pour les élections Sfax 1 et Sfax 2.

En effet, la nette hausse des taux de participation au scrutin lors du second tour de la  présidentielles par rapport à ceux enregistrés lors du premier est incontestable. Ainsi, dans la circonscription électorale de Sfax 1, les taux avaient évolué de la manière suivante : 4,5% à 09h00 (contre 3,96% aux dernières législatives). A 11h00, ils ont grimpé à 17,96% (contre 13,94%). A 13h00, ils sont montés à 29,81% (contre 21,27%).

Dans la circonscription électorale de Sfax 2, les taux de participation relevés quasiment  toutes les deux heures se présentaient  comme suit : 20,7% à 10h00 (contre 7,9% aux dernières législatives). A 13h00, ils ont dépassé le seuil des 25% (contre 18,5% à 12h00 lors des législatives)

Ce qu’il conviendrait, cependant, de souligner et de saluer, c’est la supériorité de la participation des électeurs de plus de 45 ans par rapport aux deux autres tranches d’âge, celle des votants âgés entre 26 et 45 ans et celle des jeunes âgés de 18 à 25 ans.

Or, un rapide coup d’œil  dans le rétroviseur nous rappelle qu’on avait craint le pire, dans la mesure où la campagne présidentielle du second tour à Sfax n’était qu’une pâle réplique de celle des législatives, marquées par une atonie moins surprenante qu’il n’y paraissait. La  campagne présidentielle avait en effet sombré dans un quasi anonymat.

Même si le candidat Kaïs Saïed avait accompli  la totalité de ses 9 activités au programme de sa campagne, auniveau de la circonscription électorale de Sfax 1 et qu’il n’en avait annulé qu’une seule sur les 19 autres prévues à l’échelle de la circonscription électorale de Sfax 2, il s’agissait d’initiatives  bien modestes menées par ses partisans.

Pour ce qui est du candidat Nabil Karoui, il ne serait pas honnête de parler de campagne électorale, tant il est vrai que sur les 26 activités prévues initialement au niveau de Sfax 1, 24 avaient été annulées. Bilan : un programme réduit à 2 activités menées à Sfax 1 et à une seule activité à Sfax 2.

D’ailleurs, signe manifeste et symptomatique de l’apathie ayant marqué la campagne électorale des deux candidats, « la quasi-absence d’infractions électorales au niveau de la circonscription de Sfax 1 », comme l’a fait remarquer Hanène Ben Saïd, membre de l’Instance régionale indépendante pour les élections. D’ailleurs, même si six infractions figurent, à parité égale, dans le passif de chacun des deux candidats à la magistrature suprême, comme le montrent les statistiques établies par Kamilia Jallouli, membre de l’Instance régionale indépendante pour les élections, il s’agit de transgressions somme toutes anodines.

Il reste toutefois à dire à présent que les dés sont jetés tant pour les législatives que pour la présidentielle, rien ne sert d’épiloguer sur les facteurs à l’origine de cette situation inédite, singulière, nonchalante, sans enthousiasme et sans tonus, née du désenchantement général dont résultent les abstenions aussi coupables qu’irresponsables de la jeunesse et d’une bonne frange de la population.

Un point lumineux et réjouissant est  cependant à mettre en valeur :  la compétence, la courtoisie et le professionnalisme des équipes des  deux Instances régionales indépendantes pour les élections Sfax 1 et Sfax 2, à l’image de l’Isie mère, ont de quoi jeter un baume au cœur des Tunisiens et leur permettre d’envisager l’avenir de notre jeune démocratie avec un optimisme de bon aloi, pourvu que les partis politiques ne faussent pas tout.

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