La compensation constitue l’un des dossiers chauds qui seront traités par le gouvernement. Jouant un rôle social de grande importance, la compensation concerne plus d’un domaine, comme les produits alimentaires et le transport. Le but recherché à travers la compensation, instituée au lendemain de l’Indépendance du pays, est de protéger le pouvoir d’achat des citoyens, et notamment ceux qui relèvent des catégories sociales à moyen et faible revenu. Or, au fil des ans, il s’est avéré que les produits alimentaires compensés ne profitent pas uniquement aux catégories visées, mais à tout le monde, y compris les personnes aisées comme certains commerces ou fabricants de produits pâtissiers. Ainsi, les restaurants, par exemple, utilisent le pain et les pâtes compensés pour leurs menus, vendus au prix fort aux consommateurs.
Le plus étonnant, c’est que certains pâtissiers ne s’empêchent pas d’utiliser l’huile végétale importée, mais raffinée en Tunisie, pour confectionner des pâtisseries vendues à des prix exorbitants. Le contrôle économique a surpris, plus d’une fois, des quantités d’huile végétale stockées dans des dépôts ou utilisées par des professionnels, ce qui est contraire à la loi. L’huile végétale compensée est destinée aux ménages pour la préparation de leurs repas et non pas pour les professionnels. Or, dans les différents points de vente, cette denrée est introuvable.
La compensation concerne aussi le secteur du transport en commun. L’objectif est de permettre aux citoyens de bénéficier d’un transport à prix raisonnable.
Chaque année, l’Etat alloue une somme importante pour cette compensation qui profite aussi aux élèves et aux étudiants. Cependant, certaines lignes relevant du transport ferroviaire ou terrestre ne sont pas rentables, de l’avis des responsables de ces sociétés de transport. Mais sur recommandations des pouvoirs publics et dans le cadre d’une responsabilité sociétale et sociale, ces entreprises de transport sont obligées de maintenir ces lignes en activité afin de satisfaire les besoins de quelques usagers.
Ce manque de rentabilité a bien sûr ses impacts sur les recettes des sociétés de transport qui accumulent les pertes en attendant la subvention de l’Etat. Celui-ci a examiné, plus d’une fois, la question de la compensation promettant de la réduire et de s’orienter progressivement vers la réalité des prix. Les catégories à revenu limité seront mieux ciblées pour leur fournir éventuellement une subvention susceptible de remplacer la compensation qui accapare une partie non négligeable des ressources financières de l’Etat. Mais ce choix doit se faire dans le cadre d’un débat et d’un consensus impliquant tous les partenaires sociaux et notamment les syndicats pour éviter les tensions ou les protestations qui pourraient se manifester une fois la compensation réduite ou supprimée.

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