Maintenant que les urnes ont rendu leur verdict et que les Tunisiens ont accordé leur confiance au prochain président de la République qui élira domicile au palais de Carthage au cours des cinq prochaines années et aux 217 députés qui assumeront la mission de légiférer au cours de la même période, en l’occurrence le mandat législatif 2019-2024, les yeux sont aujourd’hui braqués sur les différents rapports publiés par les organisations et les associations chargées du suivi du processus électoral tant législatif qu’électoral et aussi par les instances qui se proposent de contrôler le comportement adopté par les médias écrits et audiovisuels durant les périodes des campagnes électorales présidentielle et législatives et aussi sur le traitement réservé aux différents candidats briguant les suffrages des électeurs.

Et c’est la Haute autorité indépendante de la communication audiovisuelle (Haica) qui s’est placée au-devant de l’actualité qui a révélé des dépassements stupéfiants, des abus et des dysfonctionnements qui montrent malheureusement que nos médias, plus particulièrement certaines chaînes TV, n’ont pas été à la hauteur de la mission dont elles sont investies. Et la Haica de souligner qu’entre 2014 et 2019, les choses ont plutôt empiré dans le sens que les amendes infligées aux médias contrevenants sont passées en 5 ans de deux cent mille dinars à un million deux cent mille dinars, outre la panoplie d’erreurs commises qui vont de la violation du silence électoral au soutien clair et net d’un candidat aux dépens des autres en passant par la pratique de la publicité politique au profit d’un candidat ou d’un parti déterminé.

Que faut-il retenir des dépassements et des abus détaillés à l’encontre de la loi électorale dénoncés par la Haica et comment l’Instance supérieure indépendante des élections (Isie) doit-elle procéder pour que les recommandations et les remarques exprimées par la Haica ne restent pas sans réponse et pour que ces bavures ne se répètent pas lors des prochains rendez-vous électoraux ou au moins ne prolifèrent pas?

Se poser de telles questions et exiger que l’Isie y réponde clairement est d’autant plus légitime et compréhensible que l’expérience démocratique tunisienne est en droit de se prévaloir aujourd’hui de constituer un exemple à suivre dans la région arabe et africaine, voire méditerranéenne, et mérite amplement davantage de mobilisation et de veille afin que les abus et les lacunes qui pourraient entacher le processus démocratique tunisien disparaissent à jamais à l’avenir.

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