• Les Tunisiens suivront, aujourd’hui, avec un grand intérêt le discours d’investiture de leur nouveau président de la République, Kaïs Saïed, devant les députés de l’ARP.
• On s’attend à ce qu’il éclaire les Tunisiens sur son projet et lève, peut-être, le voile sur l’équipe qui aura la tâche de l’assister au Palais de Carthage.

Aujourd’hui, mercredi 23 octobre, les Tunisiens vivront une journée particulière, un moment exceptionnel, un instant historique, à l’occasion de la prestation de serment de Kaïs Saïed devant l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), serment l’instituant officiellement 7e président de la République tunisienne, conformément au verdict livré par les urnes le dimanche 13 octobre lors du second tour de l’élection présidentielle.
La cérémonie de prestation de serment revêt plusieurs significations qu’il est important d’en tirer les conclusions et d’en dévoiler les enseignements.
D’abord, elle intervient un jour pratiquement avant la fin du mandat présidentiel accordé par la Constitution au président de la République par intérim Mohamed Ennaceur, consacrant ainsi la réussite de l’Instance supérieure indépendante des élections (Isie) à organiser l’élection présidentielle anticipée dans les délais constitutionnels, soit 90 jours après le décès du Président Béji Caïd Essebsi, et aussi à respecter, à la lettre, la volonté clairement exprimée par le Président Mohamed Ennaceur de quitter le Palais de Carthage le jour où expire son mandat de président par intérim et de ne plus y rester un jour au-delà de la durée de 90 jours comme spécifié dans la Constitution.
Ensuite, les retrouvailles du palais du Bardo d’aujourd’hui offriront à l’opinion publique nationale, aux observateurs étrangers et à la grande famille diplomatique une opportunité de choix pour découvrir le programme du Président Kaïs Saïed, s’imprégner directement de ses approches et de ses projets et surtout rencontrer le nouveau chef de l’Etat dans le sens de l’écouter sans paravent ni pseudo-source informée ou porte-parole autoproclamé parlant en son nom, dont les affirmations sont le plus souvent démenties par le Président lui-même, à la moindre apparition médiatique qui lui est offerte qu’il exploite pour rectifier le tir et remettre les pendules à l’heure dans l’objectif de tempérer les ardeurs de ses partisans et de réaffirmer comme il s’obstine à le répéter qu’il respecte les partis qui l’ont soutenu lors du second tour de l’élection présidentielle mais qu’il demeure jaloux de son statut de candidat indépendant au Palais de Carthage et qu’il ne permettra à quiconque parmi ces partis de chercher à l’orienter ou à interférer dans ses futures décisions.
Aujourd’hui, donc, Kaïs Saïed, le Président élu par près de 73% des votants ayant participé au scrutin du 13 octobre, mettra, dans son discours d’investiture, les points sur les i et éclairera sûrement la lanterne de l’opinion publique sur les projets qu’on lui prête (sans qu’il ne s’y exprime lui-même) à l’instar de celui que le mouvement Echaâb qualifie par la voix de son secrétaire général, Zouheïr Maghzaoui, de «gouvernement du Président», à saisir dans le sens que Kaïs Saïed aura la possibilité de participer ou même de superviser le processus de formation du prochain gouvernement au vu de la large légitimité électorale populaire dont il a bénéficié le 13 octobre.
Enfin, aujourd’hui, et au vu du contenu du discours d’investiture que prononcera le Président élu, les Tunisiens n’auront plus à suivre les déclarations, les indiscrétions ou les révélations distillées au compte-gouttes par les proches autoproclamés promoteurs du projet de Kaïs Saïed et dont le nombre se rétrécit de jour en jour au vu des personnalités qui sont écartées des milieux proches du Président élu, à un rythme de plus en plus soutenu.

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