En dépit des excuses présentées, le mal est fait. La cérémonie a été entachée par l’absence des organisations qui défendent, pourtant, la liberté d’expression et le droit des citoyens à l’information.

La président de la République élu Kaïs Saïed a prêté serment et prononcé son discours d’investiture, hier, devant l’Assemblée des représentants du peuple. La cérémonie officielle s’est tenue en la présence des anciens chefs de gouvernement ainsi que l’actuel chef de gouvernement Youssef Chahed et son équipe gouvernementale, le Mufti de la République et plusieurs présidents de partis politiques, et des représentants des organisations et instances nationales, des ambassadeurs et des chefs de missions diplomatiques accrédités en Tunisie. Une cérémonie qui s’est déroulée dans des conditions exemplaires pour témoigner des traditions démocratiques nouvellement acquises par la Tunisie. Mais l’absence du Syndicat national des journalistes tunisiens, de la Fédération tunisienne des directeurs de journaux et de la Haute autorité indépendante de la communication audiovisuelle a entaché la tenue de cette cérémonie.

En effet, le Syndicat national des journalistes tunisiens (Snjt) avait déploré, avant-hier dans la soirée, le fait qu’il n’a pas été invité à la cérémonie de prestation de serment du nouveau président de la République Kaïs Saïed à l’Assemblée des représentants du peuple, exprimant sa « surprise de ne pas avoir reçu d’invitation contrairement à ce qui se faisait habituellement ». L’équipe du protocole du président de l’ARP par intérim, Abdelfattah Mourou, a justifié cette décision par le fait de « ne pas avoir trouvé le syndicat des journalistes dans la liste des organisations nationales », une liste établie à l’occasion des anciennes cérémonies officielles qui ont eu lieu après la révolution au Parlement.  

Hier, c’est Abdelfettah Mourou lui-même qui a commenté, lors d’une intervention médiatique, l’absence d’invitation du Syndicat national des journalistes tunisiens de la cérémonie d’investiture. Il a estimé, dans ce sens, qu’il s’agit « d’une erreur administrative dont il n’est pas responsable », et s’est excusé en tant que président du Parlement. Il a invité le président du Snjt, Néji Bghouri, à assister à la séance exceptionnelle, mais ce dernier, avait déjà annoncé le boycott de cette cérémonie, appelant, en revanche, les journalistes à couvrir cet événement.

Lors de son discours à l’occasion de cette cérémonie, Mourou a renouvelé ses excuses à tous ceux qui n’ont pas été invités à cette occasion officielle expliquant qu’il s’agit « d’une omission non intentionnelle ».

La Haute autorité indépendante de la communication audiovisuelle (Haica) a contesté également le protocole d’invitation de cette cérémonie d’investiture insistant sur le fait d’avoir reçu son invitation juste « quelques heures seulement avant son déroulé ». Dans un communiqué rendu public, hier, la Haica affirme être « surprise par cette exclusion indirecte et injustifiée », rappelant la nécessité de « respecter les institutions de l’État, en particulier les organes constitutionnels, les piliers les plus importants de la démocratie ».

Cette omission était également derrière l’absence de la Fédération tunisienne des directeurs de journaux, qui s’est montrée également surprise face cette situation marquée par des manquements au niveau protocolaire de l’organisation de cette cérémonie. La Fédération rappelle dans ce sens que les deux organisations (La Ftdj et le Snjt) avaient assisté aux cérémonies officielles tenues dans l’enceinte de l’Assemblée, notamment lors de l’investiture du défunt président Béji Caïd Essebsi.

Notons que le secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail, Noureddine Taboubi, celui de l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche, Abdelmajid Zaar, le président de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat, Samir Majoul, le président de l’Instance nationale de lutte contre la corruption, Chaouki Tabib, le président de l’Instance supérieure indépendante pour les élections, Nabil Baffoun, le bâtonnier de l’Ordre des avocats tunisiens, Brahim Bouderbala, ainsi que les ministres du gouvernement actuel, ont tous pris part à cette cérémonie officielle.

En tout cas, en dépit des excuses présentées, le mal est fait, cette cérémonie a été, en effet, entachée par l’absence de ces organisations qui défendent, pourtant, la liberté d’expression et le droit des citoyens à l’information.

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