Maintenant que les dés sont jetés, que le Président de la République, Kaïs Saïed, a reçu les protagonistes censés participer à la constitution du prochain gouvernement, a écouté leurs approches et leur a signifié ce qu’il attend des négociations qu’ils entameront officiellement une fois que les résultats définitifs des législatives seront proclamés par l’Instance supérieure indépendante des élections (Isie) vers la mi-novembre prochain, les Tunisiens se posent la question suivante : quel contenu aura le programme du prochain gouvernement, que ce dernier soit de coalition, du Président comme l’exigent certaines parties, ou de compétences à sélectionner loin du principe des quotas partisans.
Autrement dit, quelle que soit l’appellation que portera le futur gouvernement, l’essentiel n’est-il pas de dévoiler à l’intention de l’opinion publique les orientations fondamentales du programme que le gouvernement se propose de concrétiser ?
Et les observateurs ainsi que les analystes politiques de convenir que les grandes lignes de ce programme ont été dessinées aussi bien par le Président Kaïs Saïed, dans son discours d’investiture devant les députés, que par l’ensemble des leaders des partis politiques ayant réussi à remporter des sièges au sein de l’Assemblée des représentants du peuple.
Ces grands axes concernent, en effet, la lutte contre la corruption et la contrebande, l’éradication de la pauvreté, la lutte contre le terrorisme, le renforcement des acquis de la femme et un soutien plus soutenu aux libertés publiques et privées.
La nouveauté dans les discours accompagnant les rencontres-préludes aux négociations de formation du prochain gouvernement dont on attend le démarrage dans les prochains jours réside, désormais, dans le fait qu’on ne parle plus de «gouvernement du Président» (idée lancée par le mouvement Echaâb) ou de gouvernement de coalition dont Ennahdha pourrait accepter de céder la présidence à une personnalité indépendante conformément aux exigences de certains partis. En contrepartie de l’abandon de ces deux approches, on s’emploie, en effet, à faire la promotion d’un «gouvernement de compétences» qui sera aussi «un gouvernement de programme», soit un gouvernement qui aura la charge de mettre en œuvre une stratégie d’action qui réponde aux aspirations et aux attentes des électeurs qui exigent des mesures concrètes et surtout urgentes.
Il est à relever que les jours à venir contribueront à clarifier la voie à suivre en vue de l’accélération de la constitution du prochain gouvernement, à la faveur des résultats auxquels aboutiront les négociations en cours.

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