Le manque de main-d’œuvre pose problème et à moins de parvenir à une solution miracle, l’on risque de voir une partie de la récolte abandonnée en pleine nature

La production d’huile d’olive s’annonce plus que prometteuse, cette année, en Tunisie où l’on prévoit une récolte exceptionnelle à bien des égards, partant des conditions climatiques très favorables qui ont accompagné toute la saison agricole, notamment les chutes pluviales au début de la nouvelle saison agricole. C’est ainsi que l’on table sur une production estimée, selon les responsables en charge du secteur oléicole, à près de 350 mille tonnes, loin derrière l’Espagne avec 1,350 million de tonnes, mais devant la Grèce (300 mille tonnes) et l’Italie (270 mille tonnes).

Pénurie de main-d’œuvre

L’abondance de l’offre révèle cependant plusieurs difficultés qui pourraient affecter la production et la récolte dans son ensemble, en raison, d’abord, d’un manque cruel de main-d’œuvre et de la chute des prix qui pourraient dégringoler à leur niveau le plus bas depuis cinq années, d’autant plus que les producteurs font aussi état de la présence d’un stock d’huile important issu de la récolte de l’année écoulée encore invendu.

Si toutes les régions du Nord-Ouest entendent dégager une production importante d’huile d’olive, cette saison, comme à Béja où la production pourrait atteindre 50 mille tonnes ou encore à Siliana où l’on évoque une production de 80 mille tonnes, contre 22 mille tonnes au Kef, l’excédent de la production de l’année écoulée et le stock résiduel constituent pour de nombreux producteurs et autres transformateurs une véritable source d’inquiétude tant le prix du litre d’huile d’olive de la précédente récolte a chuté, selon certains transformateurs, de 50 pour cent, soit 4,800 dinars le litre contre 9,600 dinars affiché à l’usine.

Aussi, les prix devraient-ils continuer de baisser cette année eu égard à l’abondance de l’offre qui commence à susciter certaines interrogations sur les vrais mobiles de l’incapacité du pays à gérer la surabondance dans le secteur agricole, comme ce fut le cas, cette année, dans les secteurs des céréales, des fruits et de l’huile d’olive pour ne citer que ces trois activités.

Des coûts de production de plus en plus lourds

Autre bémol: le manque de main-d’œuvre pose problème et à moins de parvenir à une solution miracle, l’on risque de voir une partie de la récolte abandonnée en pleine nature à cause de la pénurie d’ouvriers agricoles. Autant dire que le marasme est grand et que l’Etat devrait assumer ses responsabilités face à cette situation devenue insupportable pour les agriculteurs, y compris encore pour les producteurs de dattes contraints pour certains de jeter l’éponge et d’abandonner une partie de la récolte dans la nature, tant les prix ont atteint un niveau très bas, alors que sur le marché, les intermédiaires dictent leur loi en vendant les dattes au prix fort sur les circuits de distribution. Cette pléthore de problèmes, conjuguée à la baisse de l’exportation et la chute des prix menacent de banqueroute  certaines filières agricoles comme, aussi, celle des laitages, d’autant que les coûts de production son devenus, à leur tour, intenables tant les producteurs n’arrivent plus à rentrer dans leurs frais. Un casse-tête devenu par la force des actes répétitifs intolérable et une source d’inquiétude pour tout le monde sauf, pour l’Etat qui ne procède, semble-t-il qu’à des opérations de rafistolage d’appoint mais n’a point recours à des solutions rationnelles pour résoudre des problèmes structurels liés à l’abondance de l’offre. Chiche!

Jamel TIBI

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