La bonne gouvernance du secteur financier est l’une des principales réformes à laquelle s’attaque le Conseil National de la Comptabilité, relevant du ministère des Finances. En 2018, il a annoncé l’adoption des normes IFRS (International Financial Reporting Standards) dès l’année 2021. Ces normes internationales ont été créés pour instaurer un ensemble de normes comptables internationalement reconnues. L’objectif est d’améliorer la transparence, la responsabilisation et l’efficience des marchés financiers.
L’Association Professionnelle Tunisienne des Banques et des Etablissements Financiers (APTBEF) a organisé, aujourd’hui en partenariat avec la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement (BERD), une conférence sur la transition du secteur financier vers les normes IFRS. Une conférence qui a vu la participation de 200 professionnels du secteur financier,chefs d’entreprises et responsables gouvernementaux.
Ridha Chalghoum, Ministre des Finances, a affirmé que ces normes sont d’une importance cruciale pour renforcer la transparence et permettre une diffusion plus facile de l’information pour les investisseurs sur le marché financier ou pour ceux qui cherchent des financements étrangers. Il a ajouté que l’investisseur étranger a besoin de l’information financière. « Il y de la concurrence et il y a un besoin de transparence, de clarté. La Tunisie a besoin de ressources en devise, d’investissements étrangers pour permettre à l’Etat d’éviter l’endettement », a-t-il soutenu.
D’ailleurs, on prévoit que l’adoption de ces normes passera par une loi afin de donner plus de visibilité et de susciter un débat national sur la question. Elle sera soumise à l’Assemblée des Représentants du Peuple au courant de cette année.
Pour Ahmed El Karam, président de l’APTBEF, le processus d’adoption des normes IFRS est un parcours studieux, qui nécessite une bonne organisation bancaire. Mais l’avantage est qu’il permet de mettre en place un système prédictif des pertes et d’améliorer la gouvernance du système financier. Pour l’instant, un nombre limité d’institutions financières ont déjà adopté les normes IFRS, surtout que les coûts y afférents sont importants. Ce qui nécessite une préparation préalable.
M. Karam a précisé que l’APTBEF, en collaboration avec la BERD, a entamé une formation certifiante pour une centaine de cadres bancaires, financiers et comptables qui s’étendra jusqu’à juin 2020. A ce niveau, Antoine Sallé de Chou, chef de bureau de la BERD, a ajouté que la banque apportera son soutien également à la Banque Centrale de Tunisie (BCT) et son assistance aux entreprises publiques. Un processus qui a commencé avec la Société Tunisienne de l’Electricité et du Gaz (STEG) et se poursuivra prochainement avec l’Office National de l’Assainissement (ONAS).

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