Un véritable programme de réhabilitation et de mise à niveau des établissements hôteliers est en préparation pour réformer les modalités et critères de classement.

Suite à la crise qu’a connue le secteur touristique pendant ces dernières années, un grand nombre de notre parc hôtelier nécessite une mise à niveau pour assurer leur survie et améliorer la qualité de leur service qui revient à instaurer de nouvelles normes plus exhaustives et plus strictes pour mettre un terme à l’éternel problème de la qualité.

La Tunisie a, bel et bien, eu son propre programme de mise à niveau des établissements hôteliers qui s’est arrêté depuis maintenant une dizaine d’années, ce qui fait que ce dernier ne répond pas, aujourd’hui, aux critères retenus à l’échelle internationale et qui reposent sur trois grands ensembles, à savoir le confort des équipements (climatisation, accès internet, surface des chambres…), la qualité des services (accueil, bagagerie, restaurant …), une hygiène et une sécurité emblématique, rigoureuse et professionnelle (sensibiliser le personnel à la sécurité durant l’exercice de leurs tâches et maîtriser les règles fondamentales et spécifiques de l’hygiène dans un hôtel).

Les professionnels du secteur, qui se trouvent en situation de fragilité qui nous amène à cette spirale dévastatrice pour l’image de la destination, plaident, aujourd’hui, pour reconduire ce programme de mise à niveau, qui est indispensable pour la survie de 50 à 60% du parc hôtelier tunisien. Ce programme, susceptible de faire une évaluation pour identifier les insuffisances, est nécessaire pour réformer les modalités et critères de classement, avoir un produit touristique « respectable » et sauver nos établissements hôteliers.

Démystifier le classement des hôtels
Le ministre du Tourisme et de l’Artisanat, René Trabelsi, indique que suite à une collaboration tuniso-allemande, un véritable programme de réhabilitation et de mise à niveau du parc hôtelier tunisien a été achevé pour réformer les modalités et critères de classement. En revenant sur les défaillances de l’ancien programme, Trabelsi précise qu’avant il y avait des règles mais qui ne coulent pas, car, avec l’évolution des nouvelles technologies, la donne a changé. Aujourd’hui, c’est le client qui note l’hôtel à travers des commentaires et des avis qui captent l’attention des internautes et qui sont gages de qualité pour un établissement, ce qui influe directement sur la réservation.

Suite à la crise qui a frappé ces dernières années le secteur, on peut distinguer, aujourd’hui, trois catégories d’hôtels. Les premiers sont des établissements qui sont en finition et qu’on peut aider. Au sein du département du tourisme, on est en train de les « tolérer » et les aider à rouvrir rapidement leurs portes, mais selon les règles et les cahiers des charges imposés par la loi. Ils peuvent, donc, annoncer leur retour sur la scène touristique, une fois les normes de la sécurité et de l’hygiène respectées.

Pour la deuxième catégorie, ce sont les hôtels qui ont de gros problèmes où le propriétaire a besoin de la mobilisation de ressources suffisantes pour leur mise en place. Dans ce cas, ils doivent leur salut à des partenariats avec des enseignes internationales de renommée qui ne badinent pas avec les standards de qualité. « Souvent, cette catégorie fait recours à un investisseur ou locataire pour injecter de l’argent et sauver son établissement, ce qui traduit de grands sacrifices financiers», précise le ministre.

Quant à la dernière catégorie, ce sont des hôtels dans une situation critique. « Ce sont des établissements à ‘’raser’’, où ça ne sert à rien de faire des travaux. Mais malgré cette situation, le ministère n’a pas le pouvoir d’obliger le propriétaire à fermer ou céder son hôtel qui n’est plus sous son contrôle. Mais notre département ne compte pas baisser les bras. Malgré cette situation compliquée, on est en train de chercher de nouveaux investisseurs pour sauver ces établissements. Certaines tentatives ont apporté leur fruit comme l’exemple du Sud, notamment à Tozeur, où il y a des hôtels qui ont décollé après le 14 janvier. Ce qui nous donne un nouveau coup de pouce c’est la confiance des banques qui est de retour notamment après les résultats encourageants du secteur en 2017 et 2018 », souligne le ministre.

L’endettement, l’autre souci…
Trabelsi affirme que la réouverture et la classification des unités hôtelières qui ont été fermées après la révolution constituent l’une des priorités actuelles de son département. Pour ce faire, on a fixé un calendrier pour l’achèvement des réformes structurelles engagées au niveau de ces unités, pour assurer leur conformité aux conditions et aux normes sanitaires et sécuritaires en vigueur. Malheureusement, la facture de ce plan de travail devient plus lourde chaque jour car, pendant des années, les professionnels ont ignoré le critère de l’anticipation ce qui nous amène à cette situation fragile. « Ces immobiliers n’ont pas eu la capacité d’anticiper la crise pour savoir la dépasser. A titre d’exemple, pour le problème de l’endettement, nos hôteliers n’avaient pas l’apport nécessaire pour gérer et faire face à cette crise alors que pour être un bon gestionnaire, il faut avoir un apport personnel de 20% au moins et le reste est octroyé sous forme des crédits bancaires. Donc, dès le début, le modèle sur lequel on a bâti ces établissements est faux, car on cherchait toujours à gonfler les devis de l’hôtel pour avoir la totalité de l’investissement sans apport personnel de l’hôtelier lui-même. Ce qui fait que dans un état de crise, l’hôtelier ne peut pas payer ses endettements auprès des banques », explique le ministre.

Il ajoute que la résolution de la problématique de l’endettement des hôtels nécessite un grand travail qui consisterait à donner la possibilité aux unités endettées de payer seulement le principal de la dette. Il est, également, indispensable de parvenir à un accord entre les banques et les unités hôtelières endettées pour rééchelonner leurs dettes.

 

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