«Grâce à cette démarche, on cherche à étendre les connaissances sur le patrimoine par le biais d’expériences personnalisables et communautaires. Les chantiers qui seront menés considéreront les musées comme des environnements d’apprentissage dynamiques dans lesquels les visiteurs peuvent explorer et raisonner le patrimoine de manière nouvelle et créative».


Museum Lab connexion est un projet à caractère socioculturel proposé par l’association à caractère scientifique «Museum Lab» et qui se déploie autour d’ateliers créatifs au service des communautés muséales, de la médiation et de la diffusion de la culture de proximité. L’ambition étant de créer un espace de maquettage et d’expérimentation autour du numérique et de la nouvelle muséographie dans le secteur du patrimoine et des musées en Tunisie.
En effet, une étude menée par Museum Lab sur les métiers du patrimoine en Tunisie a montré qu’il s’agit d’un secteur fragile qui témoigne d’un certain ralentissement. L’idée de l’intégration des nouvelles technologies vient comme une alternative pouvant modifier les activités liées au patrimoine. «Dynamiser ce secteur et ses métiers mettra en exergue les problématiques auxquelles font face aujourd’hui les entreprises et les métiers liés à ce secteur et permettra de promouvoir les filières et leurs débouchés.», notent les protagonistes du projet.
Ainsi, le programme de Museum Lab connexion conduit des groupes de travail à concevoir des outils de médiation culturelle dans leurs communautés, en rapport avec les lieux de culture environnants, particulièrement les musées. Ces groupes de travail appelés «Museum Lab Connexions» seront structurés en vue d’une ouverture aux jeunes diplômés non actifs et centrés sur un contexte lié au patrimoine et à sa bonne compréhension. «La formation soutenue et régulière nous aidera à non seulement inculquer de nouvelles connaissances mais aussi de nouveaux réflexes que nous pourrons capitaliser en poussant les compétences à réfléchir ensemble, partant de besoins authentiques et donc enracinés dans la réalité patrimoniale à développer des modèles de valorisation qui soient autosuffisants à moyen terme», expliquent encore les initiateurs du projet et d’ajouter: «Grâce à cette démarche, on cherche à étendre les connaissances sur le patrimoine par le biais d’expériences personnalisables et communautaires. Les chantiers qui seront menés considèreront les musées comme des environnements d’apprentissage dynamiques dans lesquels les visiteurs peuvent explorer et raisonner le patrimoine de manière nouvelle et créative.»
Cette formation se fait à travers des ateliers constitués dans des espaces de recherche et de coconception entre des participants, des professionnels, des communautés locales et des lieux de culture. L’idée étant de démocratiser la culture à travers la nouvelle technologie : dispositifs innovants, design interactif, scénographies numériques, bornes d’informations urbaines et parcours de musées.
Des participants, issus de cinq régions différentes : Le Kef, Sousse, Kélibia, Tunis et Dougga, ont pu ainsi profiter, durant 7 mois, du 4 mars au 21 septembre, de trois ateliers dans des musées, des sites archéologiques et hauts-lieux du patrimoine (les deux musées archéologiques de Kerkouane et de Sousse, le musée de la monnaie à Tunis, le site archéologique de Dougga et la Médina du Kef). Le premier atelier est un séminaire théorique portant sur les richesses patrimoniales de la région en question : matériel et immatériel / géographique et naturelle, le deuxième atelier présente une vaste gamme de concepts innovants qui va leur permettre de monter des projets de mise en valeur du patrimoine dans leurs régions. Lors du troisième atelier, des dispositifs ont été montés et examinés du point de vue de la diffusion du contenu, du développement sur-mesure et du point de vue des informations pour enfin être à disposition du public. Une fois les compétences acquises en expertise du patrimoine, en histoire de l’art, en design, en multimédia, en développement, en médiation culturelle, en régie d’exposition et en communication, les participants profitent d’un stage de deux semaines dans lequel ils développent des prototypes de médiation dans leurs musées respectifs. Les 5 équipes vont concourir pour développer la meilleure application qui sera testée le 8 décembre par un jury de professionnels et qui sera présentée au public lors de l’exposition de restitution des travaux développés, à partir du 9 décembre 2019 et durant 10 jours, dans un espace et qui sera aménagé dans chaque musée et autres espaces qui permettra d’interagir et de méditer avec les visiteurs.
Museum Lab n’est pas à sa première expérience dans le domaine patrimonial et culturel que ce soit en Tunisie ou à l’étranger. L’association dispose, aujourd’hui, d’une maîtrise des problématiques inhérentes liées au secteur du patrimoine et des musées. Les retours d’expériences de projets menés auparavant—citons les deux expositions en 2016 «Mapping Sculpture In Carthago» au Musée de Carthage et «Coïncidence» au Kef ainsi que le projet «Uthina, Mythes et légendes» en 2017 qui ont présenté de très bons chiffres de fréquentation (que les musée ne réalisent pas pendant toute une année)—ont permis de développer de nouveaux vocabulaires et de nouveaux métiers muséographiques, en identifiant des briques technologiques structurantes et de confronter à la pratique des idées et des concepts qui fonctionnent. «L’intérêt est aujourd’hui d’orienter à la fidélisation de cette communauté de visiteurs et de participants et créer d’autres, à travers un environnement de travail piloté par une équipe permanente et avec l’apport de jeunes formateurs qualifiés, venus pour interagir un dialogue coordonné avec cette communauté», note encore l’équipe de Museum Lab.

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