Les tunisiens se sont réveillés ce matin avec une terrible nouvelle qui a envahi leurs smartphones: « L’ex-président Mohamed Ennacer est mort ». L’information est fausse, mais l’ampleur de sa propagation était d’autant plus grande que les médias qui ont relayé cette information étaient réputés être sérieux. Ces médias précisent même qu’il serait décédé à l’hôpital militaire.

Le concerné est obligé de démentir l’information sur les ondes de plusieurs radios, s’étonne d’une telle rumeur infondée, alors qu’il n’a même pas été hospitalisé. Dans la foulée, il réveille son ancien conseiller au palais, Firas Guefrech pour lui demander de « faire quelque chose » et de tenter de déterminer l’origine de cette intox.

Dans ce brouhaha médiatique et cet effet boule de neige d’une information totalement infondée, ce sont les médias publics qui tirent leur épingle du jeu. Ces médias publics, dont le journal La Presse, n’ont pas cédé à la culture du buzz à n’importe quel prix. Cela s’est vu aujourd’hui, mais aussi pendant les épisodes d’incertitudes concernant l’état de santé de feu Béji Caïd Essebsi.

Alors que les médias privés sont en permanence en quête d’audience qui se fait parfois au détriment de l’honneur ou la tranquillité des gens, les médias publics cherchent, avec le peu de moyens dont ils disposent, à promouvoir un contenu de qualité, avec il est vrai quelques ratés.

Certains se demandent encore pour quelle raison faut-il continuer à soutenir les médias publics. La réponse est toute simple: si vous voulez continuer à avoir une information de qualité, une ligne éditoriale indépendante, si vous voulez continuer à voir dans vos journaux aussi bien l’actualité des premiers responsables du pays que l’actualité culturelle d’un petit théâtre au fin fond de la Tunisie, et bien il faut continuer à soutenir les médias publics.

Mais au-delà de cette distinction entre deux mondes aux objectifs divergents, il est important de rappeler que dans un monde où aucun n’a désormais le monopole de l’information, le métier du journaliste consiste plus que jamais à vérifier, vérifier et vérifier encore.

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