Son aptitude à gérer la pression et se transcender quand le Club Africain accusait une baisse de régime ont fait de lui un détonateur, un leader et un brillant gardien, et ce, en dépit de la concurrence des Slim Ben Othmane et autre Mokhtar Naili. L’on parle ici de Slaheddine Fessi, un portier doté de nombreuses qualités techniques et humaines. L’ex-dernier rempart clubiste a bien voulu nous relater l’histoire du CA d’antan, ses souvenirs et ses moments fastes.


« Grâce aux matchs de quartiers, j’ai découvert le sport-roi du côté de Bathet Sidi Ayed à Bab Jédid. A dix ans accomplis, en 1966, j’opte pour le CA et je signe ma licence de footballeur. Aussi insolite que cela puisse paraître, notre encadreur Moncef Lakdhar me pousse à évoluer en tant que portier de handball. Dans le même temps, je jouais aussi au volleyball avec l’Asptt! Ce faisant, lors d’un choc de handball face au frère intime « Sang et Or », les tenants de la section football ont découvert que j’occupais les cages ! Bien entendu, j’ai été sanctionné par Azouz Denguir qui m’a interdit de jouer au handball. Sauf que le lendemain, ils m’ont aligné dans les buts de l’équipe de football face à l’EST justement (et décidément) ! Nous avions gagné (2-0). J’avais pour coéquipiers en ces temps-là un certain Ridha Rajhi. J’ai par la suite pris mon envol, passant des minimes aux cadets en 1974.
Cette saison-là, Bouabsa décide de me lancer avec les séniors à un âge précoce. Moi, évoluer aux côtés de Attouga et Naili! J’étais aux anges. J’ai beaucoup appris à leur contact. Et puis, faire partie de la même escouade que Sadok Sassi, un monstre sacré, le meilleur gardien tunisien de tous les temps, c’était comme dans un rêve qui devient réalité. En 1975, j’ai fait officiellement mon intégration avec les seniors. Mon baptême du feu a eu lieu face à Nice en amical. Bien entendu, mon âge me permettait aussi de jouer avec les espoirs. D’ailleurs, je me rappelle que Mohamed Gritli m’avait convoqué avec les espoirs face à l’Espérance. Ce jour-là, nous battons l’EST des Ben Mahmoud & Co. Cerise sur le gâteau, deux émissaires allemands de Francfort étaient dans les tribunes.
Convaincus par mon rendement, ils m’ont sondé. Puis, les choses se sont accélérées. Azouz Lasram et Férid Mokhtar m’accordent mon bon de sortie grâce aussi aux bons offices de Hédi Bayari et Ridha Boushih. Et me voilà en Europe, évoluant sous la houlette du technicien Bibozov. Du côté du FSV Francfort, je suis restés deux saisons ».

La consécration !
« Suite à deux saisons en Allemagne, et alors que je passais mes vacances estivales en mère patrie, l’USM, l’ESS et l’EST me sondent alors que je n’étais pas libre de droit, encore sous contrat avec Francfort. Finalement, j’ai mis le cap sur Gabès pour renforcer les rangs de la Stayda. Au SG, j’ai retrouvé Ridha Rajhi.
Dans la foulée, je remporte les souliers d’or du meilleur gardien.
En 1983, je reviens au bercail, au Parc A, là ou tout a commencé.
Sous la férule d’André Nagy, je gagne en maturité et en constance.
Je me rappelle qu’en finale face au CSHL, nous perdons aux penalties même si j’en ai arrêté quelques-uns.
Au final, à 35 ans, je rejoins Mohamed Hédi Bayari à l’AS Ariana.
Ma carrière aura duré six ans, de 1985 à 1991. Ma reconversion s’est par la suite opérée naturellement. J’ai été intronisé entraîneur des gardiens du CA, et j’ai remporté le titre national et la Coupe arabe avec Jean Serafin. J’ai aussi saisi ma chance à l’étranger, aux Emirats Arabes Unis du côté de Nadi Nasr, Nadi Chabab et Nadi El Aïn avec Mrad Mahjoub. J’ai aussi remporté la Coupe du Golfe.
Tout se passait à merveille. Mais quand Mohamed Salah Jedidi et Montassar Louhichi m’ont proposé le poste de responsable des gardiens du CA, je n’ai pas hésité un instant.
Le CA est une famille et une école de la vie. Comme on dit, Clubiste un jour, Clubiste toujours ! »

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