Une manne pour les consommateurs, cette année, dès lors que l’huile d’olive sera bon marché, en dépit des coûts de production de plus en plus élevés.


L’huile d’olive  sera plus accessible, cette année, à une grande majorité de consommateurs tunisiens qui vont pouvoir s’approvisionner en or vert  tant la production d’huile s’annonce abondante partout dans le pays et que l’offre pourrait largement dépasser la demande.
Contrairement aux années de vaches maigres, la production d’huile d’olive tunisienne dont la réputation n’est plus à prouver  devrait dégager, cette année,un bilan largement positif avec plus de 300 millions de tonnes attendues lors de cette récolte,  avec, déjà, un démarrage  sur les chapeaux de roues de la saison de la cueillette des olives au début de ce mois de novembre, favorisée en cela par des conditions climatiques  particulièrement très favorables  qui ont prévalu tout au long de la période allant de mars à septembre, correspondant au cycle de maturation des grains d’olive depuis la  floraison jusqu’à la cueillette.
Autant dire aussi qu’avec le stock important d’huile encore invendu depuis la précédente récolte, tout va dans le sens de la baisse des prix  du litre d’huile qui se négocie déjà autour de huit dinars. Plusieurs agriculteurs estiment que le prix  du litre pourrait même  encore baisser, au fur et à mesure  de l’avancement de la campagne de la cueillette laquelle devrait se poursuivre  jusqu’au 10 février prochain, date butoir de la fin de la campagne oléicole dans le pays.

Chétoui: une variété de très bonne qualité
Des records de production sont ainsi attendus à Siliana avec 80 mille tonnes d’olives, 22 mille tonnes au Kef et près de 50 mille tonnes à Béja, pour ne citer que ces trois régions dont l’huile, issue principalement  de la variété Chétoui, est réputée de très bonne qualité  et très prisée sur le marché par un grand nombre de consommateurs, surtout  que plusieurs producteurs  implantés dans ces régions ont réussi à se positionner sur le marché international et à glaner des médailles d’or  pour la bonne qualité de leur huile, en particulier au Japon et aux Etats-Unis, explique l’expert en huile d’olive Moez Cherni, également enseignant chercheur à l’école supérieure d’agriculture du Kef.
Cela dit, le problème de la pénurie de main-d’oeuvre commence à susciter des inquiétudes chez les agriculteurs qui craignent qu’une partie de la récolte ne leur reste  sur les bras  si la main-d’oeuvre venait à manquer au cours de cette saison fort prometteuse d’autant plus que le coût de celle-ci s’annonce onéreuse, sachant que l’on a franchi la barre des 30/35 dinars pour une journée de travail.
Aussi le problème des résidus huileux  a-t-il nécessité cette année une plus grande attention à travers la mobilisation des services de contrôle sanitaire qui ont multiplié les contrôles pour prévenir les risques de dérapage  et garantir  le respect des normes d’hygiène en matière d’huile d’olive.
Ce qui est certain c’est que l’huile d’olive dont les vertus sanitaires sont mondialement reconnues sera à portée de main  pour les Tunisiens, advienne que pourra, peut-être même plus que jamais, un clin d’œil aux familles pour constituer des provisions, sait-on jamais ce que se passera l’année prochaine.

Jamel Tibi

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