Monsieur de Buffon (*) en tant que naturaliste et observateur avisé de la faune humaine et animale au XVIIIe siècle, est cité par Jean-Jacques Rousseau dans «De l’Inégalité parmi les hommes», un très long chapitre qui clôture son ouvrage Du Contrat Social. Il y parle de la différence de la durée de vie entre ces deux espèces, et de quelle manière il mesurait cette espérance, entre les unes et les autres. Dans son «Histoire Naturelle», Monsieur de Buffon déclare que cette espérance est «proportionnée à la durée du temps entre ces catégories (animales et humaines) de leur accroissement».
Ainsi fait-il la différence qu’il y a entre l’homme et le cheval : L’homme met quatorze ans à croître pour vivre six ou sept fois autant de temps, c’est-à-dire quatre-vingt-dix ou cent ans. Tandis que le cheval dont l’accroissement se fait en quatre ans, peut vivre six ou sept fois autant, c’est-à-dire vingt ou trente ans au maximum.
Dans son histoire naturelle du cheval, les exemples contraires à cette règle sont si rares qu’on ne doit pas même les regarder comme une exception dont on puisse tirer des conséquences.
A titre d’exemple encore, les gros chevaux (de trait) qui prennent leur accroissement en moins de temps, vivent aussi moins de temps, et sont vieux dès l’âge de quinze ans.
Suite à ces lectures faites au sujet des observations de monsieur Buffon qui commencèrent à être prises au sérieux par ses contemporains, un peu tardivement (soit en 1790 après sa mort, période d’agitation et d’atermoiement de la Révolution française), notre philosophe estimé Jean-Jacques Rousseau calculant et comparant à son tour les biens et les maux de la vie humaine, nous dit qu’à tout prendre, la vie est pour l’homme, un assez mauvais présent, surtout durant les bouleversements socioéconomiques, politiques, et même religieux comme ils s’en passent aujourd’hui en Tunisie et même de partout sur la planète terre.
On avait oublié la «mesurette» de la vie des êtres humains et encore plus celle de la vie des animaux. Celles-ci et celles-là comptant pour beurre et complètement dénigrées comme du temps des guerres et qui ne disent rien de bon. Les maladies et autres virus compliquent aussi la vie-mode-d’emploi.
On avait l’habitude de compter l’espérance de la vie humaine par dix, depuis la naissance.
Posez-vous la question, à propos de la mesurette de Monsieur de Buffon : celle du quatorze, chers lecteurs, six ou sept fois ? Notre existence est très mal fagotée et tout tendrait à réduire cette multiplication des quatorze ans. Due aux effets psychologiques des politiques qui veulent réduire l’existence humaine à moins que rien. Dieu nous en préserve…

(*) Georges-Louis Leclerc de Buffon (1707-1788)

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