Pour atteindre les objectifs tracés, six commissions ad hoc ont été créées. Comme si l’Aneti voulait rattraper le temps perdu. A condition que toutes les promesses ne restent pas lettre morte. « Il est à noter que des partenaires tels que le Pnud, le BIT, la BAD, l’Union européenne, la Banque mondiale, la Fondation Tunisie, la GIZ… se sont d’ores et déjà engagés à soutenir cette vision sous forme de dons. Cette vision n’impactera pas le budget de l’Etat »


A peine désigné, en mai dernier, à la tête de l’Agence nationale pour l’emploi et le travail indépendant (Aneti), son nouveau directeur général, Youssef Fennira, s’est lancé dans un défi qui aurait pu être relevé depuis bien longtemps : l’emploi pour tous. Surtout que la gestion de l’offre et la demande d’emploi, suivant une politique d’accompagnement et d’insertion des jeunes dans la vie active, relève de l’une de ses attributions les plus stratégiques, dès sa création, il y a, maintenant, plus d’un quart de siècle. S’agit-il d’un manque de visibilité ou de moyens ? Ou les deux à la fois ?
Car, diplômés ou pas, nos jeunes chômeurs se comptent, aujourd’hui, par milliers. Et les chiffres de l’INS parlent d’eux-mêmes : plus de 600 mille demandeurs toujours en attente, sans voir rien venir jusque-là. A cela s’ajoute une certaine nonchalance politique qui avait, maintes fois, étouffé dans l’œuf pas mal d’initiatives privées. Et les décisions de recrutement, prises à l’aveuglette, étaient quasiment contre-productives. Pire, l’autofinancement, comme condition préalable à tout projet, n’a fait que bloquer les volontés. Beaucoup de jeunes ont du mal à s’installer à leur propre compte. Consciente de toutes ces problématiques liées à l’emploi, l’Aneti se révèle, semble-t-il, en mesure d’apporter solutions et fournir sur le tas les informations professionnelles nécessaires. L’Agence se fait une nouvelle image et s’offre, désormais, une approche d’accompagnement plutôt qualitative. C’est ainsi qu’avant-hier, Youssef Fennira a présenté sa vision 2030, qui a pris forme au fur et à mesure de ses récentes visites sur le terrain effectuées dans les 24 gouvernorats du pays. C’était une tournée pour entendre l’ensemble des 1.500 employés de l’Agence dans les régions, censés être les mieux placés pour discerner la réalité du terrain et identifier les besoins et attentes des sans-emploi. Une enquête de satisfaction a été, alors, réalisée dans ce sens, afin de doter l’Agence des moyens de sa promotion.

Réforme de fond en comble !
A vrai dire, l’Aneti semble vouloir emboîter le pas à l’Atfp qui s’est déjà frayé un chemin propre à elle, sous le signe de « l’excellence et de l’innovation » dans le secteur de la formation. Même chose en matière d’emploi et de travail indépendant. Du côté de l’Aneti, tout commence ainsi à se cristalliser dans la durée: « Un plan décennal aux objectifs ambitieux », juge son chef. Ce qui pourrait faire de son agence un modèle à plus d’un titre, au niveau notamment des programmes de formation, d’accompagnement et d’appui aux entreprises et demandeurs d’emploi. Sur ce plan, un réseau « d’espaces entreprendre modèle », dédié à tout postulant, verra le jour dans tout le pays. Il vise à réintroduire des notions aussi importantes que l’économie sociale et solidaire, l’incubation, l’idéation. Soit une agence quasiment ouverte à son public, mais aussi hyperconnectée. L’on parle, ici, de sa « digitalisation complète » prévue début 2022, touchant, a priori, un système de matching intégré en cours d’élaboration, un Lab digital et un site Aneti international. Certes, un tel passage au numérique ne serait, surtout pas, sans impact direct tant sur son rendement que sur les prestations fournies aux demandeurs d’emplois. Cela lui a valu d’être beaucoup plus performante, surtout qu’elle a abordé, en juillet dernier, sa normalisation ISO 9001. Cela dit, une révision de fond en comble est à l’ordre du jour, allant de l’accueil au suivi, en passant par la relation entreprise et la mise à niveau de ses infrastructures. Bref, une démarche qualité qui rendra l’agence moderne, bien visible et communicante.
Pour atteindre ces objectifs, six commissions ad hoc ont été créées à cet effet. Comme si l’Aneti voulait rattraper le temps perdu. A condition que toutes ces promesses ne restent pas lettre morte. « Il est à noter que des partenaires tels que le Pnud, le BIT, la BAD, l’Union européenne, la Banque mondiale, la Fondation Tunisie, la GIZ… se sont d’ores et déjà engagés à soutenir cette vision sous forme de dons et que la grande majorité des fonds a été levée. Cette vision n’impactera donc pas le budget de l’Etat », lit-on dans son document de presse.

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