Il y a une semaine, la question s’est posée lors du match qui a opposé Manchester City à Liverpool. Une confusion suscitée par les nouveaux règlements de la Fifa, chose qui nous a amené à solliciter un expert en la matière, l’ancien arbitre international, Yosr Saâdallah.


Le dimanche 11 novembre, Guardiola était dans une colère noire, réclamant un penalty que l’arbitre, après un temps d’hésitation totalement concentré sur ce qu’on lui disait dans l’oreillette, a ordonné la reprise du jeu ignorant les doléances insistantes de l’entraîneur de Manchester City.
Sur-le-champ, personne n’a rien compris. Personne n’est parvenu à trancher : y avait-il penalty pour Manchester ?
Après le coup de sifflet final et au lendemain de la rencontre, les experts et les journalistes sont revenus sur l’affaire survenue après les nouveaux règlements de la Fifa, initiés par l’International Football Association Board (Ifab), l’association garante des lois du jeu dans le football.
L’affaire du penalty controversé du match Manchester City-Liverpool nous a amené à vouloir comprendre les cas précis où il y a penalty, ou pas, sans que cela prête à une quelconque interprétation. Pour cela, nous avons sollicité un expert en la matière, l’ancien arbitre international, Yosr Saâdallah.

Uniformiser les décisions arbitrales
Les derniers amendements apportés par l’Ifab aux règlements de la Fifa ne sont pas les premiers du genre et ne seront sans doute pas les derniers. Mais pourquoi change-t-on périodiquement les règlements régissant le jeu ? Notre expert nous explique : « L’actualisation des règlements du jeu par l’Ifab vise à uniformiser l’interprétation des fautes de main par les arbitres, souvent sujette de controverse. C’est pourquoi l’International Football Association Board procède périodiquement à des changements des règles du jeu pour limiter les erreurs de jugement dans les décisions arbitrales. Personnellement, j’aurais aimé que la VAR existait du temps où je sifflais encore avec des règles de jeu aussi précises qu’aujourd’hui. Cela aurait limité les erreurs d’appréciation. Car sur le feu de l’action et sans la possibilité d’avoir recours au replay de l’action, on doit se fier à son seul jugement. En ce qui concerne les nouveaux règlements, l’Ifab s’est penchée sur la question de la position du bras ou de la main, collés ou pas au corps et dans une position naturelle ou pas, pour valider un jugement juste pour chaque cas précis. D’ailleurs, les décisions arbitrales à prendre ne sont pas les mêmes pour les attaquants et pour les défenseurs».

Les attaquants, redoublez d’attention
Commençons par les cas où les attaquants risqueraient la sanction. Si l’attaquant touche délibérément le ballon et change sa trajectoire, il y a faute. S’il marque un but, il sera refusé. S’il crée une occasion pour un de ses coéquipiers, une faute est sifflée. C’est dire que les attaquants doivent redoubler d’effort car même s’ils touchent délibérément un ballon, ils risquent la sanction, notamment quand ils dévient sa trajectoire.
Et si on peut plus au moins cerner en nombre assez restreint les considérations donnant lieu à des sanctions, ou pas du reste, pour les attaquants, c’est beaucoup plus compliqué pour les défenseurs. En effet, pour les attaquants la règle de base est toute simple : « Pour les attaquants, l’interprétation se fait sur la base de la position de la main et du bras, si elle est naturelle ou pas. Si elle est naturelle, il n’y a pas faute, mais attention à ne pas changer la trajectoire de la balle et c’est là que réside le principal amendement dans les règlements. », nous a fait savoir, Yosr Saâdallah.

Défenseurs : attention à la marche, aussi…
Les défenseurs ne sont pas épargnés non plus. Eux aussi doivent faire attention à la position de leurs bras et
mains de sorte que le bras ou la main n’augmentent pas le volume du corps dans la surface du jeu.
Notre expert nous énumère les cas où on siffle désormais un penalty… ou pas : « Il faut spécifier que les cas que je vais aborder concernent l’emplacement des défenseurs dans la surface de réparation. La première considération pour les défenseurs est comme pour les attaquants, c’est la position de la main, naturelle ou pas. Concernant le bras, s’il est collé encore quand le défenseur touche le ballon, il n’y a pas faute.
Par contre, si le mouvement du bras augmente la surface occupée par le corps quand le défenseur se trouve dans la surface de réparation, c’est penalty. Quand la position du bras n’est pas naturelle et sur le feu de l’action, le mouvement du coude grossit le corps, c’est penalty. En effet, un mouvement additionnel est toujours sanctionné, notamment quand le bras ou la main sont au-dessus de l’épaule ».
Il est à noter que si un ballon touche le bras ou la main du défenseur alors qu’il est tiré par le joueur adverse à partir d’une distance courte, le défenseur n’est pas sanctionné. En effet, les règlements prennent en considération la vitesse de la balle et la distance à partir de laquelle elle est tirée : « Quand on tire sur un défenseur à partir d’une distance courte et avec la vitesse du ballon, il ne peut pas l’éviter, il n’est pas sanctionné. Les règlements prennent en considération le mouvement du bras et de la main quand le joueur est en mouvement. », nous explique Yosr Saâdallah.
Un dernier cas à spécifier. Si le joueur est taclé et tombé, qu’il a la tête au sol et que, pour amortir le choc dans sa chute, il utilise ses mains et le ballon le touche, il n’y a pas faute et pas de penalty en surface de réparation.
Ce sont là des cas spécifiques que nous avons voulu présenter, avec l’appui d’un expert que nous remercions du reste, afin que les nouveaux règlements de la Fifa soient mieux compris par tous.

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