Si les jeunes sont appelés à penser à leur région, l’Inlucc et ses partenaires devraient les doter de toutes les armes nécessaires. Venir à bout de la corruption n’est certainement pas une mince affaire. Une bonne gouvernance locale est, plus que jamais, une responsabilité partagée. Nos élus municipaux devraient, dans un premier temps, donner l’exemple.


A commencer par le Grand-Tunis, « la caravane des jeunes de la gouvernance 2019-2020 », dont le coup d’envoi a été donné samedi dernier par l’Inlucc, en partenariat avec le ministère de l’Education et l’Institut arabe des droits de l’Homme (Iadh), sillonnera, un par un, les différents gouvernorats du pays, sous le signe « Ma région 2030 : gouvernance, défis et solutions ». L’initiative fut, rappelons-le, précédée par « le village d’été.. », manifestation organisée, il y a trois mois, à Tabarka, destinée aux écoliers, en les initiant à lutter contre la corruption. Cela s’apprend aussi dans un sens évolutif.
Car, combattre ce fléau relève, en amont, d’une culture de citoyenneté bien ancrée dans la société. Ainsi, l’Inlucc et associés croient fort en l’éducation à l’anticorruption. Les jeunes ne sont pas du reste. Et pour cause. Leur connaissance du phénomène est de nature à stimuler le sens de la conscience, à même de les impliquer, volontairement, dans pareille campagne de mobilisation. Pour l’Inlucc et ses partenaires, compter sur la population jeune paraît un gage de succès. Et là, l’on se rappelle encore des multiples campagnes de propreté et celles menées sur la Toile contre la cherté de la vie. Et bien d’autres initiatives similaires à caractère social et politique. Donc, faire de ces jeunes un noyau dur de lutte, voire un rempart contre une corruption de plus en plus galopante. Son ampleur est telle qu’elle menace l’Etat et la pérennité de ses institutions. Douane, police, justice, santé, éducation, politique et autres, aucun secteur n’est épargné. C’est que tous les rapports de l’Inlucc et même des enquêtes faites par des associations civiles ont confirmé cette réalité. A n’en point douter.

Les jeunes comme rempart
Mais, une chose paraît évidente : tant qu’il y a corrompus, il y a corrupteurs, contre qui le chef du gouvernement sortant, Youssef Chahed, avait déclaré la guerre. Toutefois, cela n’a abouti à rien, sauf certains inculpés qui sont, depuis deux ans, mis en prison. A priori, on a considéré que c’était un bon début avant qu’un système mafieux ne soit, réellement, révélé. Ce phénomène, à en croire M. Chawki Tabib, président de l’Inlucc, demeure ainsi un danger banalisé. Et comme il a détruit un pan de la société, il risque également de compromettre l’avenir des générations futures. D’où la sensibilisation des jeunes à agir en connaissance de cause. Interpellée, la jeunesse tunisienne se trouve, aujourd’hui, à l’épreuve de l’exercice démocratique. Soit la caravane de gouvernance 2019-2020 se veut ainsi un rappel à l’ordre. L’objectif est de prendre soin de sa région et faire de son mieux pour gagner les enjeux de sa durabilité d’ici 2030. Avec, bien entendu, la promotion de l’autocritique et de la redevabilité, comme prérequis du savoir-faire en matière de lutte anticorruption. Région 2030, quels défis d’autogestion et quelles solutions à l’échelle locale ? Jeunes lanceurs d’alertes et dénonciateurs de tout crime de la corruption sont-ils en mesure d’accomplir cette mission ? Certes, il existe, maintenant, des lois sur la protection des dénonciateurs, motivant de tels comportements, mais leur application fait encore défaut. Faute de quoi, les dénonciateurs se sentent toujours en danger. Quelles garanties de leur protection ? Si les jeunes sont appelés à penser à leur future région, l’Inlucc et ses partenaires devraient, quant à eux, les doter de toutes les armes nécessaires. Venir à bout de ce problème n’est, certainement pas, une mince affaire. Au-delà des jeunes, une bonne gouvernance locale est, plus que jamais, une responsabilité partagée. Nos élus municipaux devraient, dans un premier temps, en donner l’exemple. Que l’intérêt général l’emporte.

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