Pour le sélectionneur national, l’atout majeur d’une équipe réside dans sa force mentale. Et c’est ce qui a fait la différence avant-hier soir devant une formation équato-guinéenne qui nous a donné du fil à retordre.


Les observateurs ont tendance à le répéter : la deuxième mi-temps est celle des entraîneurs. Avant-hier soir, Mondher Kebaïer a confirmé cette règle. En dépit des conditions climatiques très difficiles, notamment un taux d’humidité très élevé et trois changements forcés, le sélectionneur national a réussi à motiver sa troupe après la pause.
Dans les vestiaires, le discours du sélectionneur national a été sans doute perspicace. En tout cas, Mondher Kebaïer a cerné les défaillances enregistrées durant la période initiale du jeu. Une première mi-temps nettement en dessous de la moyenne. Pourtant, ce ne sont pas les occasions qui ont manqué. On peut même dire que, durant la première mi-temps, il y a eu une domination stérile de notre team national.

On ne change pas une équipe qui gagne…
La philosophie de jeu de Mondher Kebaïer repose sur une règle très répandue dans le monde du football : on ne change pas une équipe qui gagne. Chose confirmée par le onze de départ aligné contre la Guinée Equatoriale. Un seul changement enregistré par rapport au onze titulaire contre la Libye, celui d’Aymen Abdennour blessé aux entraînements et remplacé par Saddem Ben Aziza.
Un seul changement, certes, mais une approche tactique plus audacieuse sur le plan offensif. Les deux latéraux Drager et Maâloul ont effectué des montées régulières et ont apporté constamment leur soutien en phase offensive, beaucoup plus que par rapport à leur prestation contre la Libye. Les milieux défensifs, Ben Mohamed et Skhiri, ont fait de même. Par ailleurs, Aymen Ben Mohamed a créé une grosse occasion en première mi-temps.
Contre la Guinée Équatorial, l’impression qui se dégage est que Mondher Kebaïer, qui habituellement prône la prudence mesurée en privilégiant l’aspect défensif, semble être rassuré par le comportement de ses joueurs sur le terrain. Un climat de confiance semble s’installer dans les deux sens, ce qui s’est répercuté sur le jeu de la sélection, plus confiante et plus entreprenante.
Une chose est sûre : le sélectionneur national a réussi son premier pari, celui de donner un cachet à la sélection sur le plan mental dans le sens où l’agressivité dans le jeu, la détermination et la volonté de se surpasser et de mouiller le maillot national caractérisent désormais le jeu collectif de l’équipe de Tunisie, version Mondher Kebaïer.
Et s’il est encore tôt de parler de l’empreinte Kebaïer, on peut évoquer déjà la recette Mondher Kebaïer. Elle est basée sur la communication jusqu’à ce que les joueurs adhèrent au discours du sélectionneur national. Un sélectionneur qui sait se montrer solidaire avec les joueurs qui sont en difficulté dans leurs clubs en leur accordant un rang de titulaire en sélection nationale. Nous citerons Youssef M’sakni, Aymen Abdennour et Wahbi Khazri. Chose qui explique pourquoi, malgré les critiques perpétrées contre Abdennour, il a tenu à le titulariser contre la Libye. Et même quand il s’est blessé aux entraînements, il ne l’a pas écarté de la liste des dix-huit convoqués pour le match contre la Guinée Equatoriale, puisqu’ Aymen Abdennour a fait banquette à Malabo.

Mêmes erreurs défensives
Si les attaquants ont joué avec la même discipline tactique à Malabo, les défenseurs ont fait preuve de la même fébrilité. L’erreur de Yassine Meriah à la 36’ a failli coûter cher à l’équipe de Tunisie. Heureusement que Farouk Ben Mustapha était là pour sauver les meubles.
Yassine Meriah et Aymen Abdennour : voilà deux défenseurs centraux dont la valeur intrinsèque n’est pas à mettre en cause, mais qui sont les auteurs d’erreurs anodines et qui peuvent s’avérer fatales sur un laps de temps de fléchissement. Le sélectionneur national a beau soutenir Meriah et Abdennour, il doit trouver une solution à leurs moments de doute et pourquoi pas ne pas travailler en étroite collaboration avec leurs entraîneurs de club respectifs pour y remédier.

Changements forcés, choix réduits
Les ennuis de Mondher Kebaïer ne se sont pas arrêtés à la simple condition climatique. En effet, le sélectionneur national a dû faire face aux blessures contractées en cours du jeu, outre l’humidité extrême à Malabo.
Outre la sortie sur blessure de Khaoui à la fin de la période initiale, le staff technique national a été contraint de faire deux autres changements forcés en deuxième mi-temps. Il y a eu Ferjani Sassi sorti après une heure de jeu et remplacé par Mohamed Ali Ben Romdhane. Puis, Wahbi Khazri, blessé à la main et qui a tenu quand même à continuer à jouer jusqu’à ce qu’il inscrive le but de la victoire (73’). Neuf minutes après, Khazri, à bout de force, était contraint de céder sa place à Khénissi.
Dans ce match, il y a eu deux images saisissantes qui traduisent la détermination et la force mentale qui ont caractérisé le jeu des nôtres : blessés, Ferjani Sassi et Wahbi Khazri se sont forcés à continuer à jouer avant de céder à la douleur et quitter contraints le terrain. Ils l’ont quitté en tout cas après avoir accompli leur mission, particulièrement Wahbi Khazri.
Quant à Youssef Msakni, sa passe décisive qui a permis à Khazri de marquer le but de la victoire lui pardonne tout. Nous aimerions tout de même qu’il soit plus généreux sur le terrain.

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