L’ASS est donc tombé face à un CA imperturbable. En deux temps, le match était plié. L’ASS a beau résister en première période, il marquera le pas par la suite. Une guerre se gagne en entier, pas sur une simple bataille. Score final: (2-0), voilà le tarif !


Il y a des fois comme ça où le résultat dépasse le contenu.
Celui de samedi en est le parfait exemple. Mais cela ne doit pas faire oublier les idées et les intentions de l’ASS qui s’est retrouvée face à un drôle de problème : au fond, pouvait-elle faire mieux que ça ? Comme toujours, les arguments du coach Lassaâd Dridi avaient, semble-t-il été préparés à l’avance. Pour les appuyer, un schéma cohérent et une production à la hauteur de l’enjeu.
Pour le technicien clubiste, c’est même devenu un rituel.
Ses pensées et ses idées sont reproduites avec doigté sur le terrain. Face à une équipe de Soliman volontaire, la bataille tactique engagée était belle et nourrie. Puis, vers l’heure de jeu, Chammakhi sort de sa coquille, alors qu’auparavant, cette explication tenait sur un fil. L’incontournable Bassirou Compaoré finira par plier le match et mettre aux espoirs de remontée adverse.
C’est le charme de ce sport quand il semble simple à analyser, à décortiquer et à séparer ainsi la relation entre contenu et résultat.
Certes, entre un (0-0) et un (2-0), il y a un gouffre numérique.
Mais réellement sur le terrain, de point de vue forces en présence, sur certaines séquences, le match pouvait basculer durant les trois quarts de la rencontre. En clair, samedi, alors qu’elle n’était menée que d’un but, l’ASS tenait encore son destin entre les doigts et avait regardé le CA avec courage. Mieux : par moments, le Club Africain était passé tout près de glisser. Mais au final, il a su forcer son destin à force de confiance et de détermination.

Mitonner à petit feu !
Si l’on refait le match comme on dit, l’on note ainsi que Soliman s’est laissé entraîner par le rythme du CA de Lassaâd Dridi, son football intense et physique. Bref, l’ASS était à terme un peu tétanisée et asphyxiée, et il fallait faire avec !
Quant au CA, il a globalement réussi à contrôler le jeu, à passer dans les espaces. Bref, à poser beaucoup de problèmes à l’adversaire. Ce CA-là avance grâce à son besoin de créativité.
Et cela accouche d’une situation claire : le onze clubiste gère tout d’abord la possession de balle et se projette par la suite grâce à un marquage individualisé, similaire à celui que s’active à construire un certain Lassaâd Jarda à l’USM. C’est une stratégie ambitieuse dont l’objectif était multiple : imposer un pressing agressif pour empêcher la première relance de l’ASS. Ce qui passe par isoler les sentinelles adverses et contenir les rampes de lancement d’un adversaire qui se retrouve à court d’arguments.
Sans prétendre révolutionner le jeu clubiste, Lassaâd Dridi applique une méthode qui porte ses fruits. Il densifie le milieu et coupe donc à la racine les offensives adverses. Cette approche lui permet enfin de détruire « la connexion » offensive d’en face. Ce qui permet de canaliser le jeu du CA sur les montées des latéraux conjugués aux déboulés de ces attaquants. En clair, dès l’amorce des offensives, son équipe ne ferme jamais les zones intérieures.
Non, le CA ne verrouille pas ! Il tente seulement (avec succès) a faire cuire ses adversaires à petit feu ! A les mitonner à petit feu!

L’ASS fait de la résistance
CA-ASS a ainsi brillamment illustré le fossé existant entre la gestion du territoire et la capacité à protéger sa surface.
A terme, les derniers « bastions de la résistance » sont tombés.
L’ASS n’avait pas la fantaisie indispensable pour faire glisser ce CA-là ! Un CA totalement supérieur, cynique et même brutal par moments. L’art de la guerre est comme ça. Un 2-0, ce n’est pas un score large, mais ça suffit ! Il y a eu des coups, des buts encaissés, de la sueur et l’histoire a fait le reste sur un dernier souffle de Compaoré. L’ASS est donc tombée face à un CA imperturbable. En deux temps, le match était plié.
L’ASS a beau résister en première période, elle marquera le pas par la suite. Une guerre se gagne en entier, pas sur une simple bataille.
Score final: (2-0), voilà le tarif !

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