Outre la création de nouvelles communes, l’Etat encourage l’aménagement d’autres arrondissements municipaux pour être plus près des habitants


En matière de décentralisation municipale, il est réconfortant de constater que l’Etat ne chôme pas, ne tergiverse jamais, étant crédité d’une belle avancée. Déclenchée au lendemain de la révolution, celle-ci ne semble pas près de s’essouffler, puisque depuis chiffres à l’appui, pas moins de 60 nouvelles municipalités ont été créées pour bénéficier à plusieurs régions où le besoin se faisait sentir.
Objectif : rapprocher davantage les prestations de services communaux aux habitants.
Cet objectif est d’autant plus noble et impérieux que des citoyens sans municipalité proche étaient, jusque-là, condamnés à ce calvaire injustifié qui consistait à faire de longs déplacements pour tomber sur une mairie leur permettant d’avoir droit à l’accomplissement des formalités administratives relevant de la compétence des municipalités.
Cependant, le verre est à moitié vide, dans la mesure où cette politique de décentralisation n’a pas encore rejailli sur certaines grandes mairies du pays où le nombre d’arrondissements municipaux est réduit par rapport à l’immensité du territoire à l’explosion démographique et au progrès économique galopant.
Et l’on sait que plus ces facteurs se conjuguent plus les municipalités sont sollicitées.

Des arrondissements municipaux en piteux état
Si certains conseils municipaux imputent la modestie du nombre d’arrondissements à la sempiternelle excuse du «manque de moyens», on ne peut que s’étonner que ce motif soit brandi par des mairies à la puissance financière établie. N’est-il pas bizarre de relever que celles-ci aux revenus faramineux émanant d’une pénoplie de taxes sont dans l’incapacité de monter de nouveaux plus proches des habitants? Que coûte le projet de construction d’un édifice municipal supplémentaire? Question si sordide que ce ne sont ni le terrain à bâtir, ni les ressources de financement ni même les services techniques qui leur manquent. En parallèle, créer un nouvel arrondissement en bonne et due forme, c’est inévitablement engranger de nouvelles recettes, c’est-à-dire de quoi amortir les dépenses du projet, tout en étant utile à la communauté de la région.
Et puisque nous y sommes, force est de constater que certains arrondissements municipaux existants sont en piteux état : absence d’entretien, façades qui n’ont plus été badigeonnées, vétusté des lieux, mobilier usé, effectif réduit et que sais-je encore !
A notre sens, le ministère des Collectivités locales et de l’Environnement qui a chapeauté les mairies du pays, ne perdrait rien à se pencher sur ce dossier, non seulement en lui accordant un strict suivi, mais aussi en intensifiant les journées de sensibilisation et les séminaires de formation et de recyclage à l’intention des présidents d’arrondissements municipaux.

Mohsen ZRIBI

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