Un drame de plus dans un pays où les décideurs bougent dans tous les sens au moment d’une catastrophe pour que les choses restent inchangées quelques mois après


L’accident survenu en avril 2019 à Sidi Bouzid, au niveau de la délégation de Sebbala plus précisément, causant la mort de plus d’une douzaine de femmes ouvrières et d’une vingtaine de blessées a  soulevé un grand débat autour des moyens de transport, n’offrant aucune sécurité, mis à la disposition de ces femmes. Aujourd’hui, le dossier est clos mais les femmes ouvrières continuent à utiliser le même moyen de transport et courir le même risque. Il en sera de même pour ces jeunes qui ont succombé à la fleur de l’âge dans un pays aux routes classées des plus meurtrières dans le monde avec une moyenne très élevée de plus de 24 morts pour 100 mille habitants.

La vitesse excessive, le dysfonctionnement du système de freinage et bien évidemment cette maudite pente raide ont mis fin au rêve de 26 passagers, la majorité des jeunes, lors d’une journée bien ensoleillée. Selon les habitants du coin, il s’agit pourtant d’un point noir routier où la configuration du lieu rend le  passage à Aïn Snoussi (Béja) difficile voire très dangereux. En dépit des alertes adressées aux autorités depuis les années 90, c’est le statu quo. Le nombre élevé des accidents à ce niveau n’a pas pour autant attiré l’attention des autorités compétentes, notamment le ministère de l’Équipement, de l’Habitat et de l’Aménagement, quant à la nécessité de se pencher sérieusement sur les moyens à même d’assurer la sécurité des routiers, ajoutent les habitants.

Il a fallu cette catastrophe nationale pour que ledit ministère décide enfin de projeter l’élaboration d’une étude pour la réalisation d’un pont à ce passage d’un coût de 200 MD. Mais la réalisation n’est pas pour demain. Ceci rappelle la décision prise en mai 2019 par l’ARP concernant l’examen de la loi portant organisation des transports terrestres en vue de créer un nouveau moyen de transport pour les ouvrières et les ouvriers agricoles dans un délai ne dépassant pas les trois mois.
Et pourtant, on attend encore et les femmes ouvrières sont toujours acculées à utiliser le même moyen de transport pour rejoindre leur lieu de travail au risque de laisser, chemin faisant,  leur vie. Dépourvues d’assurance, elles continuent à mettre leur vie en péril au moment où les promesses d’organiser ce secteur tardent toujours à se concrétiser. Peut-être qu’il faudra vivre un autre drame à ce niveau pour que les membres de l’ARP et les décideurs mettent à exécution l’amendement de la loi en question.

26 morts et 18 blessés. C’est le sombre bilan provisoire d’un accident survenu à quelques jours de la fin de cette année. Rien au monde ne pourra consoler les parents des victimes qui étaient à bord d’un bus touristique qui s’est renversé à Aïn Snoussi (Amdoun, Beja) pour mettre à nu les limites de la mise en place de politiques de la discrimination positive dont se targuent les décideurs dans les salons  au point que l’hôpital régional de Béja qui a accueilli les victimes du drame était dépourvu d’un scanner.

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