On ne le répétera jamais assez :
l’industrie tunisienne ne peut assurer un repositionnement favorable sur le marché international que par un développement de la valeur ajoutée qui demeure jusqu’ici faible dans certaines activités. En effet, toutes les entreprises compétitives qui ont une part de marché dans la sphère internationale donnent à l’innovation, à la recherche et au développement un intérêt primordial, ce qui n’est pas le cas pour tous nos industriels qui n’ont pas encore élaboré des études pour la vente à l’international.


Plusieurs secteurs sont ainsi concernés comme ceux du textile-habillement, du cuir et chaussures et des industries alimentaires. Certes, les structures d’appui, dont les centres techniques, ont déployé des efforts importants pour élever le niveau de compétitivité des entreprises, mais du chemin reste encore à faire, surtout si l’on tient compte des produits commercialisés sur le marché mondial et même sur le marché local. La valeur ajoutée a certes un coût, parfois élevé, que le chef d’entreprise est appelé à supporter. Mais le rendement de cet investissement sera perceptible à moyen et long terme. Améliorer la compétitivité de l’entreprise passe impérativement par l’augmentation de la valeur ajoutée.

D’où la nécessité de mobiliser des compétences confirmées dans la production, le marketing et la gestion. Or, il s’est avéré, d’après les études élaborées, que le taux d’encadrement dans nos entreprises est des plus faibles en Afrique. C’est que certains chefs d’entreprise hésitent à recruter des cadres, compte tenu des charges et des frais à payer. Pourtant, le programme de mise à niveau des entreprises industrielles a montré clairement que les unités de production, tous secteurs confondus, qui ont intégré de nouvelles méthodes de travail, en renouvelant les outils et le matériel et en améliorant le taux d’encadrement, ont réussi à conquérir de nouvelles parts de marché à l’international et leur chiffre d’affaires a doublé.

Améliorer la valeur ajoutée des produits est avant tout une question de mentalité et une volonté que chaque chef d’entreprise est appelé à faire valoir. Il est paradoxal que des centaines de diplômés de l’enseignement supérieur sont au chômage depuis des années, alors que plusieurs entreprises sont en manque de compétence. Il est alors tout à fait normal que les entreprises enregistrent des pertes et n’arrivent pas à faire des bénéfices conséquents. La Tunisie est confrontée, désormais, à des défis multiples et elle doit bien s’y préparer pour ne pas aggraver davantage la situation des entreprises dont certaines connaissent, déjà, des difficultés épineuses.

Une stratégie devrait être mise en place en vue de revoir tout le secteur de l’industrie manufacturière qui a besoin d’un nouveau souffle pour pouvoir s’adapter aux tendances internationales et se repositionner sur la scène internationale qui est envahie en permanence par de nouveaux fournisseurs puissants et agressifs, ne lésinant pas sur les moyens pour s’imposer en proposant des produits à haute valeur ajoutée et à des prix abordables.

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