Zarzis a été prise d’assaut par un grand nombre de migrants originaires pour la plupart de pays africains et venus tenter leur chance. Actuellement, on les trouve partout. Ils font de petits boulots qui leur permettent de subvenir à leurs besoins : ménage, jardinage, hôtellerie, chantiers, pêche, cueillette des olives…

D’après les constats et les déclarations des témoins oculaires, Zarzis est la ville du Sud la plus touchée par l’immigration clandestine. Elle servait depuis longtemps de véritable plateforme aux flux de migrants qui l’ont choisie pour point d’attache en s’y installant.

A l’exception des lycéens et des étudiants, rares sont les jeunes Zarzissiens qui sont encore dans la ville. Et, profitant d’un manque flagrant de main-d’œuvre dans tous les domaines, dans cette ville, nos compatriotes de Tataouine, Mareth, El-Hamma, Gafsa, Kasserine, Sidi Bouzid et même du Nord-Ouest ont pris d’assaut cette ville du Sud. Mais, avec le temps, en amassant un peu d’argent, ces derniers lorgnent désormais l’eldorado européen en mettant de côté pour le fameux voyage de la «mort». Nombreux sont ceux qui avaient tenté le voyage deux ou trois fois et ont été arrêtés, mais ils semblent décidés et ne renoncent guère…

A présent, la ville pullule d’Africains des deux sexes et de différentes nationalités. Selon le Dr Mongi Slim, responsable du HCR dans le gouvernorat de Médenine, le nombre de ceux qui sont répertoriés et enregistrés atteint 1.200 individus.
Ils bénéficient de l’hébergement, de l’assistance médicale et des soins de première nécessité.

Selon le gouverneur de la ville, on compte officiellement 2.500 personnes originaires de pays africains. Elles sont de différentes nationalités : Ivoiriens, Camerounais, Erythréens, Nigériens, Maliens, Sénégalais… A Zarzis, il y a un foyer qui héberge 93 Erythréens.
En visitant le gouvernorat, l’ambassadeur du Niger a trouvé 48 de ses compatriotes. «Plus que le nombre total qui existe maintenant dans toute la Tunisie», a-t-il observé.

Les uns sont arrivés à Zarzis par bus. D’autres ont pris l’avion de leurs pays d’origine. La plupart sont arrivés via les deux postes frontaliers, Ras Jédir et Wazen; du côté de Tataouine, ils ont franchi illégalement la frontière Sud.
Parfois aussi par voie maritime, en quittant la Libye par bateau et en tombant en panne au large du Sud-Est.

Actuellement, on les trouve partout. Ils font de petits boulots qui leur permettent de subvenir à leurs besoins : ménage, jardinage, hôtellerie, chantiers, pêche, cueillette des olives… Le problème de la main-d’œuvre est ainsi résolu en partie.
Cependant, eux aussi aspirent à aller tenter leur chance sous d’autres cieux. D’ailleurs, mercredi passé, les gardes frontières de Ben Guerdane ont arrêté 16 Africains qui tentaient de franchir illégalement la frontière pour quitter les côtes libyennes vers l’Italie.

Dhaou MAATOUG

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