A Madrid, la Tunisie a fait entendre sa voix. Elle a proposé deux projets: un code de l’environnement pour l’Afrique du Nord et un projet sur la protection de nos oasis


La COP 25 sur le climat à Madrid, à laquelle avait participé la Tunisie, a pris fin, hier, sur fond de manifestations dans les rues espagnoles, appelant à la réduction des émissions des gaz à effet de serre. Climatologues, océanologues, écologistes et décideurs politiques étaient, du 2 au 13 de ce mois, en conclave, se penchant sur le devenir de la Terre, du fait de la menace du réchauffement planétaire. La suite s’annonce apocalyptique : hausse du niveau des mers, chaleur caniculaire, fonte des glaces, inondations assez fréquentes, désertification, incendies, disparition d’espèces, pénurie d’eau et bien d’autres extrêmes climatiques. Gravement dégradé, au fil du temps, notre écosystème naturel et marin n’est plus ce qu’il était.

Toutefois, ce rude changement climatique est un phénomène universel. Il nous faut, d’ores et déjà, accorder nos violons. Et pour cause. Penser global, agir local, c’est bien le mot d’ordre dont on doit tenir compte. Les pays industrialisés dont la majorité n’a pas respecté l’accord de Paris, conclu au terme de sa COP 21, il y a 5 ans, sont classés en premier lieu. Hélas, le principe pollueurs-payeurs n’a pas de sens. Face à l’inévitable dérèglement climatique, l’on ne peut que composer avec la nouvelle donne. Résilience et adaptation s’imposent ici comme mode de vie et comportement partagé entre les pays à haut risque. M. Mokhtar Hammami, ministre des Affaires locales et de l’Environnement, a appelé, particulièrement, les pays africains à se doter des moyens de lutte. Soit une base de données actualisée spécifique aux catastrophes naturelles. Car, d’après lui, aucun pays du continent ne sait rien sur son voisin, en termes d’aléas du climat. Passer de la gestion des crises à la gestion des risques, cela s’avère de mise, estime le ministre. « Que la prévention et l’anticipation soient aussi au centre de nos politiques publiques africaines à venir», souhaite-t-il.

En attendant les financements
Sous nos cieux, parer aux urgences climatiques ne relève guère de nos prévisions. Nos politiques ne voient pas loin. Dans le cas d’espèce, les inondations d’hiver et les incendies d’été en disent long. Leur récurrence, chaque année, témoigne, ainsi, d’une faible résilience à ce changement climatique. Pas non plus une forte adaptation à ce phénomène. L’agriculture serait, alors, un des secteurs perdants. Cependant, pourquoi a-t-on assisté à la COP 25 de Madrid ?

Notre participation s’explique, a priori, par le fait que la Tunisie est partie signataire de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (Ccnucc) adoptée au cours du Sommet de la terre de Rio de Janeiro (Brésil) en 1992. Donc, une sorte de traditionalisme, voire de conformisme. M. Hammami a déclaré que la Tunisie a présenté à Madrid deux projets à caractère écologique; l’un sur la protection de nos oasis, l’autre relatif à un code de l’environnement pour l’Afrique du nord. Pour leur financement, la Tunisie a fait appel aux bailleurs de fonds. Justement, «une telle COP constitue, pour nous, une opportunité de mobiliser les ressources nécessaires à la concrétisation des deux projets précités», affirme le ministre.

Qu’a-t-on fait depuis la COP 21 à Paris, en 2015 ? « La Tunisie a tenu à honorer ses engagements climatiques, en réduisant les émissions de gaz à effet de serre de 13% sur 41% prévus à l’horizon 2030 », poursuit, sur une note positive, son collègue Samir Taieb, ministre de l’Agriculture, de la Pêche et des Ressources hydrauliques. Et ce, en attendant les financements nécessaires. Sinon, il y a, à ses dires, pas mal d’acquis : adhésion de la Tunisie à l’initiative africaine sur l’adaptation de l’agriculture du continent aux changements climatiques, à la convention mondiale des terres arides en 2017, plantation d’oliviers sur 24.000 hectares supplémentaires, compte tenu de la contribution de cet arbre à la limitation des émissions de gaz, un nouveau parc aménagé à El Agba et un autre prévu à La Marsa, ainsi qu’un fonds d’indemnisation des catastrophes naturelles dues aux aléas climatiques. Certes, le pays a marqué un point, mais il serait dérisoire de juguler la valse du climat. Il serait encore mieux de s’y adapter pour pouvoir vivre avec. Autant dire, on ne peut éviter l’inévitable, on doit y faire face!

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