La «Délivrance» selon Haykel Rahali, c’est transgresser les tabous sociaux sur la scène d’El Teatro. «Tanfissa» ou «Délivrance» redonne un souffle nouveau à un spectateur avide d’exprimer tout haut ce que la société vit tout bas.

Cette création théâtrale repasse sur scène le 27 avril 2019.

 

L’intitulé rime, à première vue, avec liberté, tabous, échappatoire… Une thématique suffisamment présente et qui alimente souvent cette effervescence artistique tunisienne, toute discipline confondue. Pendant 60 minutes, les spectateurs assistent à divers tableaux scéniques, avec, comme fond sonore, une musique variée, tantôt contemporaine, tantôt théâtrale. Une troupe surgit sur scène comme troublée, confuse, hagarde, aux prises avec des questionnements ou tentant de se situer dans un espace-temps qui est méconnu, étranger aux protagonistes : ces derniers peuvent paraître aussi comme suspendus dans le temps, en attente, essayant de s’accrocher à des brèches en guise de repères.

 

Mouvements corporels et silences expressifs, qui précèdent un discours, difficilement saisissable au départ. Grâce à la tournure verbale — qui constitue le texte — l’auditoire se retrouve rapidement emporté par les répliques acerbes mais audacieuses, échangées au fur et à mesure. Le texte est en grande partie dérisoire :  maîtrisé par ses acteurs, il réussit à exprimer tout haut et explicitement leurs tourments : sentimentaux, sexuels, relationnels, sociaux parfois, existentiels. Leur existence est menée d’une main de fer dans une société qui peut être libertine dans les coulisses mais qui demeure conservatrice en apparence. Une masse qui s’adonne à tout, mais qui ne parle pas et ne montre rien. La «Délivrance», selon son créateur, c’est de s’affranchir autant que possible du tabou dans une époque où même faire semblant de vivre librement peut être perçu comme un acte de résistance.

Cette production El Teatro Studio & Association : Ahl el Fen, conçue en 2018 rassemble une nouvelle vague de jeunes acteurs comme Amine Ferah, Helmi Ben Ali, Ihsen Timoumi, Inès Ben Moussa, Molka Draoui, Sadok Bousnina et Wafa Memmi.

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