Qu’ils aient tenu leurs congrès, désigné leurs candidats, arrêté leurs programmes ou qu’ils continuent à faire perdurer le suspense, les partis politiques vivent à l’heure des législatives et de la présidentielle de fin 2019. En attendant que les choses s’éclaircissent, les Tunisiens exigent d’être édifiés sur les programmes que les partis s’apprêtent à leur proposer

A moins de six mois des élections législatives et présidentielle prévues pour octobre et novembre prochains, le paysage politique national vit une effervescence particulière marquée, notamment, par le démarrage d’une campagne électorale précoce, d’une part, et par une attente qui n’a que trop duré, d’autre part, à propos des personnalités politiques censées se porter candidates à la présidence de la République.

Et comme les acteurs politiques appartenant aussi bien à la coalition gouvernementale qu’à l’opposition vivent déjà à l’heure des législatives, voire au rythme de la présidentielle, pour ceux qui briguent le palais de Carthage, plusieurs partis politiques ont décidé de tenir leur congrès, de renouveler leur bureau politique et de désigner leur candidat à la présidentielle en attendant la constitution des listes de leurs candidats à la députation.

Le mois d’avril semble, d’ailleurs, constituer le mois des congrès électifs des partis tunisiens dont certains comme Nida Tounès qui a attendu près de 7 ans pour élire ses principaux dirigeants.

En effet, le mois d’avril 2019 a démarré avec la tenue du congrès de Nida Tounès qui a abouti à l’éclatement du parti en deux factions, l’une dirigée par Sofiène Toubal, le chef du groupe parlementaire du parti, et l’autre gérée par Hafedh Caïd Essebsi, l’ancien directeur exécutif, aujourd’hui président du Comité central représentant la faction connue comme étant Nida Monastir.

Et le mois d’avril sera clôturé, dimanche prochain, par la tenue du congrès constitutif de Tahya Tounès, assises au bout desquelles les Tunisiens découvriront les personnalités qui dirigeront le parti qu’on présente comme celui de Youssef Chahed, chef du gouvernement.

Entre les congrès de Nida Tounès et de Tahya Tounès, se sont tenus ceux d’Al Massar qui a vu Faouzi Charfi accéder au secrétariat général du parti en remplacement de Samir Taïeb, dont l’adhésion était gelée depuis plusieurs mois, et du Courant démocratique qui a vu Mohamed Abbou, le fondateur du parti, succéder au député Ghazi Chaouachi à la tête du parti et être désigné candidat à l’élection présidentielle de novembre 2019.

Les citoyens à l’affût
Et même si la scène politique semble vivre une certaine dynamique à la faveur de ces congrès qui se tiennent à un rythme soutenu et à la lumière des déclarations électoralistes livrées quasi quotidiennement par plusieurs politiciens sur leurs futures alliances, les Tunisiens restent toujours à l’affût des programmes socioéconomiques que vont leur proposer les partis qui briguent leurs suffrages à l’occasion des législatives qui approchent à grands pas. Pour le moment, l’on se contente de quelques bribes collectées ici et là comme celles livrées, hier, par Mahmoud Baroudi, dirigeant au sein du parti Tahya Tounès.

Dans une interview accordée à l’hebdomadaire Assabah Al Ousbouii, il révèle, en effet, que «les travaux du congrès de Tahya Tounès, dimanche prochain, seront couronnés par l’adoption des motions politique, économique et sociale qui constituent le programme que le parti va proposer aux Tunisiens à l’occasion des élections».

Quant au Courant démocratique présidé par Mohamed Abbou, candidat officiel du parti au palais de Carthage, les grandes lignes de son programme sont déjà connues. Il s’agit de la lutte contre la corruption, fer de lance du parti et de la guerre lancée contre l’islam politique représenté par Ennahdha «le parti avec lequel notre parti ne reproduira jamais l’erreur de 2011 quand le CPR a décidé de faire partie de la Troïka avec Ennahdha comme le parti dominant de la coalition», comme le soulignent les responsables du parti.

«Ennahdha continue, estiment précisément beaucoup d’observateurs, à souffler le chaud et le froid à propos du choix de son propre candidat à l’élection présidentielle ou de l’annonce de son soutien à un candidat qui sera proche de ses orientations».

Pas plus tard que samedi dernier, le président du parti nahdhaoui, Rached Ghannouchi, a souligné, à l’issue de son entretien avec le président de la République Béji Caïd Essebsi, «qu’Ennahdha n’a pas encore tranché à propos de son candidat à l’élection présidentielle», laissant la porte ouverte à toutes les alliances possibles, «y compris bien sûr la possibilité de soutenir Youssef Chahed au cas où il annoncerait officiellement son intention de briguer la présidence de la République».

A. DERMECH

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