C’est à croire que les 4 saisons ne sont qu’un prétexte au jeu, au mouvement, à l’envol de ces corps qui sautillent, sèment drôlerie et amusement.

Acidulée, énergique et fantaisiste, la chorégraphie des «4 saisons » d’Angelin Preljocaj, présentée le week-end dernier à la Cité de la culture offerte par le Centre chorégraphique du Pôle Ballet et Arts Chorégraphiques de la Cité de la culture en partenariat avec l’Institut français de Tunisie, était un voyage sur une planète atypique où se mélangent jeu chorégraphique et objets étranges du plasticien Fabrice Hybert. Exaltante technique même s’il manquait l’émotion que suggère la musique de Vivaldi.

Preljocaj aime bien questionner le corps, le confronter à des difficultés, le pousser dans ses derniers retranchements et c’est via les objets de Hybert que se construit la pièce. Escaliers en demi-cercle aux infinies marches, déguisement d’hérisson ou d’ours en plastique. Les objets invitent à la danse, la suscitent et l’inspirent. Les douze danseurs jouent des prouesses techniques, poussent vers des élans énergiques pour aboutir à un festival qui nous en met plein les yeux.

C’est à croire que les 4 saisons ne sont qu’un prétexte au jeu, au mouvement, à l’envol de ces corps qui sautillent, sèment drôlerie et amusement.

Pour cette reprise, le ballet Preljocaj réunit les six danseurs de son ballet junior et six danseurs de l’école nationale supérieure de danse de Cannes pour offrir au public des extraits de l’une des pièces les plus singulières de son répertoire. Entre la musique immortelle et populaire de Vivaldi se dresse une vision fantaisiste, joyeuse et imaginative. Le traitement ne cherche pas à concorder avec les saisons ou avec le classicisme de l’œuvre musicale malgré quelques références, comme si on suivait les changements climatiques représentatifs de notre époque qui semblent venir chambouler le cycle habituel. Il y est question de jeux et d’amour, un collage ludique qui respire en toute liberté.

«Cette musique si connue, si convenue, si dévoyée peut-elle en effet nous livrer encore des surprises, des zones d’ombre, des secrets ? (…) d’abord revenir encore et encore sur l’écriture du mouvement, ne pas lâcher sur ce point et ainsi redéployer une danse vitale, essentielle, puis réfléchir sur 4 axes de travail : jaillissement, exaltation, vibration. Partir de là et puis surtout finir ailleurs, s’égarer, ne plus reconnaître les quatre paramètres. Pour participer aux brouillages des pistes et à l’émission d’interférences…», s’exprime le chorégraphe.

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