Banque africaine de développement — Perspectives économiques en Afrique, 2012
La Tunisie est confrontée aux mêmes difficultés que son voisin le Maroc en termes de chômage des jeunes. Alors que le taux de chômage touchait pratiquement 19% des actifs en 2011, il concernait 30% des jeunes diplômés de l’enseignement supérieur. Plusieurs mesures et programmes d’incitation à l’embauche ont été mis en place, comme la prise en charge par l’Etat de 50 % du salaire des jeunes diplômés, ainsi que des programmes de mise à niveau et d’insertion de ces jeunes diplômés dans la vie active. Ces initiatives ont aidé plus de 85.000 diplômés, entre 2004 et 2010. Toutefois, la Tunisie a moins besoin de tels programmes ou politiques de l’État que d’une diminution de la disparité entre les impératifs du secteur privé et l’offre de formation, qui devrait être élargie par une collaboration plus étroite avec les entreprises. Malgré de nouvelles mesures, le système fiscal, inéquitable, a divisé l’économie tunisienne en deux régimes, offshore et onshore. En 2011, le secteur offshore, «avantagé», progressait de 19%, tandis que le secteur onshore, lourdement taxé, voyait ses ventes à l’étranger diminuer de 5 %.

Banque mondiale — Note de stratégie intérimaire 2012
Les importants progrès sociaux et économiques réalisés ces dernières années sont restés entachés de corruption et d’ingérence politique. Alors que le secteur privé a été désavantagé par des règlements inadaptés et la corruption du régime, les entreprises offshore ont bénéficié d’importantes incitations à investir, notamment grâce à des procédures simplifiées et à des salaires concurrentiels. A l’inverse, des pans entiers de l’économie nationale n’étaient pas ouverts aux exportations, par la fixation de quotas et de barrières douanières. Le marché du travail a également été touché, certains employeurs recrutant uniquement par des contrats souples à court terme n’offrant qu’une sécurité de l’emploi limitée aux salariés. Ce développement déséquilibré en faveur du secteur offshore a suscité des disparités socioéconomiques dans tout le pays. Alors que les villes côtières produisent jusqu’à 85% du PIB, les régions de l’intérieur s’appauvrissent progressivement.

Ernst & Young, étude Baromed 2008
Comme le Maroc, pays voisin et comparable, la Tunisie est considérée comme l’une des meilleures destinations pour les délocalisations de la région, ciblées sur le marché de l’Union européenne. Le coût de l’activité entrepreneuriale y est relativement faible et les entreprises offshore bénéficient de nombreux avantages, tels que l’exonération de l’impôt et de la T.V.A. Toutefois, ce pays pâtit d’un manque de main-d’œuvre hautement qualifiée.

Ocde — Examen des politiques de l’investissement (Tunisie octobre 2012)
Depuis la révolution, la Tunisie est entrée dans une période de transition, mais elle est confrontée à de graves problèmes socioéconomiques, comme le chômage des jeunes, les disparités sociales, une baisse de la croissance, une perte de compétitivité et, partant, une chute de l’investissement. Toutefois, de nombreux plans de développement et réformes ont été engagés pour soutenir la politique générale en place. Cet effort doit être poursuivi avec plus de cohérence et de collaboration entre secteurs public et privé, mais aussi entre institutions, de façon à rassurer les investisseurs nationaux et étrangers, mais aussi pour résoudre la question du chômage des jeunes.
L’investissement direct étranger (IDE) est essentiel pour la Tunisie, les flux d’IDE s’étant élevés en moyenne à 1,5 milliard d’euros par an entre 2005 et 2010. La crise dans la zone euro a toutefois eu un impact dramatique sur l’IDE en Tunisie, ce dernier chutant de 26 % en 2011. Il est indispensable de diversifier les partenaires à l’investissement, de façon à renforcer la compétitivité du pays dans les secteurs traditionnels (textile, agriculture) et à attirer l’investissement dans des secteurs à plus forte valeur ajoutée. Plusieurs mesures ont été prises pour améliorer le climat des affaires, notamment la révision d’une législation complexe et la simplification des procédures. Grâce à ces mesures, la Tunisie est arrivée en 40e place au classement du Rapport sur la compétitivité mondiale 2011-2012 du Forum économique mondial, et 46e du rapport Doing Business de la Banque mondiale, des résultats qui la mettent loin devant ses voisins et pairs. Toutefois, comme le souligne le gouvernement de transition, «des pratiques arbitraires, la corruption, le traitement inégal des investisseurs et le non-respect de la réglementation ont freiné l’initiative privée et pesé sur la rentabilité des projets d’investissement» (Stratégie de développement économique et social 2012-2016).

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