Les établissements du savoir sont de plus en plus exposés aux dangers de l’insécurité. Une réaction urgente s’impose.


Dans un pays où l’insécurité a décidément le vent en poupe, les établissements du savoir, eux non plus, ne sont plus épargnés. Oui, ils ont fini, depuis justement la révolution de tous les abus, de rejoindre allégrement le triste tableau de chasse des cambrioleurs et autres délinquants, rompant ainsi avec une belle tradition qui a fait d’eux des pôles éducatifs respectés, inviolables, voire vénérés par des peuples imbus des vertus du savoir, de l’émancipation et de la modernité.
Le bon vieux temps était tel qu’on éprouvait du plaisir à prendre le chemin de l’école, à entrer dans une salle de classe, à saluer son «instit», à contribuer, dans la joie, aux efforts d’entretien et d’embellissement. «Par le passé, l’école était aussi sacrée que la religion et personne n’y touchait», se remémore une sexagénaire qui évoque, l’air mélancolique, «la fin d’une époque doublée d’un douloureux revers de la médaille».

Une proie facile ?
Effectivement, les temps ont changé. Aujourd’hui, écoles et lycées ne comptent plus les «balafres» qu’on leur inflige : vols avec effraction, agressions contre le corps enseignant, circulation de stupéfiants, grèves. Et ça se répète, en copier-coller, tous les jours ou presque, un peu partout dans nos murs! La situation est devenue telle qu’un cambrioleur peut facilement y faire irruption et en sortir avec le butin. Des délinquants s’y amènent aussi, non pas pour voler, mais tout simplement pour s’adonner à des bacchanales nocturnes.

Et le gardien du temple, diriez-vous. Voilà, nous y sommes. C’est là justement que le bât blesse, dans la mesure où les enquêtes policières ont toujours établi que les raisons des forfaits commis dans ces établissements par les cambrioleurs sont dues soit à l’impuissance du gardien, soit à la complicité de ce dernier, soit encore à la défaillance criarde d’un dispositif de gardiennage. Dans tous les cas de figure, il y a une fuite, une faille, un trou béant, sans compter, bien sûr, les dégâts humains et matériels. Il y a un an (si votre mémoire est bonne), on en a parlé sur ces mêmes colonnes, dans un message synonyme de SOS adressé aux autorités compétentes.

Celles-ci, jusqu’ici quasi muettes sur ce sujet, ont, depuis, pris une première batterie de mesures préventives adoptées puis appliquées au forceps. Cela va d’un gros effort en matière de recrutement de gardiens, à la décentralisation de cette mesure, en passant par la régularisation et l’amélioration de la situation professionnelle de ce corps spécial.
Or, à notre grand dam, le phénomène de l’insécurité sévissant dans les établissements scolaires n’a paradoxalement rien perdu de son acuité. Pour l’Etat, il n’y a pas photo : il est vraiment temps d’appuyer sur le bouton «stop». Et cela, à notre sens, en privilégiant les deux options suivantes :
– Primo : imposer un suivi de tous les jours au fonctionnement du système de gardiennage nocturne des écoles et lycées, afin de couper l’herbe sous le pied aux «sentinelles corrompues».
– Secundo : synchroniser les efforts avec les unités sécuritaires, en vue d’intensifier les rondes autour des établissements du savoir, l’effet anticipatif pouvant s’avérer à la fois dissuasif et salutaire ! On ne perdrait rien à essayer.

Mohsen ZRIBI

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