Le chef du gouvernement, Youssef Chahed, affirme que les choix et les politiques suivis dans le but de consolider la position de la femme en Tunisie ont porté leurs fruits, en termes de droits socioéconomiques et politiques

Hier, Tunis a accueilli plus de 500 personnes venues des quatre coins du monde pour participer au forum international sur l’égalité de genre. Après Stockholm où a été tenue la première édition du forum en 2018, Tunis a été choisie comme la deuxième capitale mondiale pour s’y rassembler et fêter, penser et défendre l’égalité des genres. Ce choix emblématique de la Tunisie vient consolider et confirmer les politiques nationales en matière des droits de la femme. La cérémonie d’ouverture a été assurée par le chef du gouvernement, Youssef Chahed, la ministre de la Femme, de la Famille, de l’Enfance et des Personnes âges, Néziha Laâbidi, la ministre des Affaires étrangères de Suède, Margot Wallstrom, ainsi que des responsables onusiens.

Un choix politique qui date de l’indépendance
Dans son allocution, le chef du gouvernement a confirmé l’indéfectible adhésion de la Tunisie au programme international pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes. Soulignant que dans un contexte de mondialisation, la lutte contre la discrimination envers la femme n’est plus un enjeu national ou régional, Youssef Chahed a affirmé que la promotion de l’égalité des genres est désormais un défi d’ordre international où la femme joue un rôle crucial dans l’instauration de la paix, le développement économique et, également, dans les politiques générales des pays dans la mesure où elle représente un partenaire incontournable pour la construction d’un nouveau monde qui sied à l’Homme trois fois millénaire.
Youssef Chahed a précisé, à cet égard, que l’autonomisation de la femme et l’instauration de l’égalité des genres en Tunisie est un choix politique qui date depuis longtemps. Et de soutenir que c’est un travail de longue haleine que la Tunisie a entamé depuis l’indépendance avec l’adoption du Code de statut personnel en 1956 et qui a été poursuivi dans les années 90, notamment avec des amendements de divers articles du code introduisant de nouveaux concepts dans les domaines du travail, de la sexualité et de la relation avec le conjoint. Le chef du gouvernement n’a pas manqué de mettre en exergue la constitutionnalisation de l’égalité de genre après la révolution.
Etalant les prouesses du gouvernement en la matière, le chef du gouvernement a énuméré les projets qui ont été élaborés et réalisés à cet effet. Ainsi il a mentionné le lancement du programme de sécurité sociale au profit de la femme rurale « Ahmini », l’élaboration d’un projet de loi entérinant la prolongation du congé de maternité et l’instauration d’un congé de paternité facultatif, l’adoption en Conseil ministériel du projet de loi relatif à l’égalité successorale, outre la décision entérinée de nommer une femme à la tête de chaque poste de responsabilité.

S’aligner aux objectifs de l’ONU
S’exprimant sur le sujet de l’autonomisation de la femme, le chef du gouvernement a affirmé qu’elle représente la clé de voûte du développement économique intégré. Il a évoqué, à cet effet, l’adoption de la loi organique relative à la lutte contre la violence à l’égard de la femme, l’instauration du conseil des pairs pour l’égalité des chances homme-femme, une instance présidée par le chef du gouvernement et qui veille à appliquer les principes de l’égalité genre et la mise en œuvre d’un plan d’action national inspiré de la résolution 1325 du Conseil de sécurité de l’ONU sur les femmes, la paix et la sécurité qui vise à autonomiser la femme et renforcer ses droits sociaux, économiques et politiques. Par ailleurs, Youssef Chahed a affirmé que les choix et les politiques suivis dans le but de consolider la position féminine en Tunisie, ont porté leurs fruits en termes de droits socio-économiques. En effet, la femme a pu briller et dominer le podium à l’Université et dans le domaine de la recherche en remportant plus de 65% de l’ensemble des diplômes universitaires et plus de la moitié des postes de la recherche, outre son triomphe dans le domaine de la magistrature où le taux des femmes admises au concours national 2018 s’élève à 80%, soutient-il. Par ailleurs, il a souligné que le taux des députés femmes en Tunisie figure parmi les plus élevés au monde avec 33% du total des représentants parlementaires.
De son côté, Neziha Laâbidi a fait savoir, sommairement, que la nouvelle donne mondiale impose l’instauration d’un nouvel équilibre et une nouvelle répartition des rôles et droits entre les deux sexes. Et de soutenir que l’égalité des chances entre l’homme et la femme constitue le fer de lance pour le développement durable.
Intervenant sur le sujet des droits de la femme dans le monde, la ministre des Affaires étrangères de Suède, Margot Wallstrom, a souligné l’importance du rôle que devrait jouer l’homme dans la consolidation et le renforcement des droits de la gent féminine, en l’occurrence dans les domaines de la santé, notamment sexuelle et de l’éducation. Elle a également appelé la gent masculine à travers le monde, à adhérer à ce combat et à aider la femme à lever toutes les barrières l’empêchant de jouir des droits au même titre que l’homme, en termes d’éducation, de santé, de choix libre de compagnon…etc. Elle a noté, à cet égard, que les pères ont un rôle important à jouer dans cette lutte.

L’égalité des genres, gage de paix mondial
La ministre des Affaires étrangères de Suède a déclaré que l’égalité des genres est une partie intégrante des droits de l’Homme et un gage de paix et de sécurité dans le monde. « L’égalité des genres est un moyen pour garantir le développement sociétal. Il est évident que les sociétés prospères sont celles où la femme jouit de ses pleins droits », affirme Wallstrom. Se montrant enthousiaste envers la transition que la Tunisie est en train de vivre, la ministre suédoise a souligné que le pays est désormais sur la bonne voie et a enregistré des avancées remarquables en instaurant la démocratie et la liberté d’expression. Par ailleurs, elle a fait savoir que le monde est en train de voir une montée considérable de la polarisation qui oppose la peur à l’espoir. Et d’ajouter que la reconnaissance de l’universalité des droits de la femme et de l’égalité des genres est l’une des guerres à mener pour faire triompher l’espoir dans le monde.
S’exprimant sur le sujet du rôle de l’autonomisation de la femme dans le développement économique, le sous-secrétaire général chargé du bureau des politique et de l’appui aux programmes Pnud, Abdoulaye Mar Dieye a noté que l’écart-genre dans le marché de l’emploi engendre des pertes estimées aux alentours de 4% du PIB mondial. Ce taux est encore plus élevé en Afrique et avoisine les 7%, soit 50 milliards de dollars. Par ailleurs, il a souligné que la participation politique des femmes à travers le monde demeure très faible, malgré les avancées enregistrées en la matière. En s’adressant aux différentes délégations présentes au forum, le responsable onusien a souligné : « J’aspire qu’à Tunis vous déclariez l’impératif de réécrire le contrat social du monde en constitutionnalisant et en intégrant l’égalité des genres dans les politiques générales des nations, dans le cadre des préparatifs de la conférence mondiale de la femme qui se tiendra l’année prochaine à Paris ».
Il est à préciser que 25 événements se tiennent parallèlement à la cité de la culture durant le forum qui sera clôturé le 26 avril.

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