Le niveau des échanges commerciaux entre les deux pays est très faible, moyennant 30 à 49 millions de dinars. Ces échanges englobent essentiellement les secteurs de l’agroalimentaire, du cuir et chaussure et du textile.

La Grèce, un pays que tout semble indiquer pour être parmi les partenaires de choix de la Tunisie. Il représente un modèle économique similaire reposant sur le tourisme, l’agriculture et les PME. Son économie est tournée vers l’extérieur avec un commerce moyennant plus de 56% du PIB.
Toutefois, l’on relève une atonie chronique au niveau des échanges commerciaux bilatéraux qui n’arrivent pas à franchir le seuil requis eu égard au développement de la coopération et des perspectives offertes pour hisser le volume commercial dans les deux sens et qui se situe aux alentours de 315 millions de dinars en 2015 ( avec un excédent en faveur de la Grèce).
Depuis quelques années, des conventions de partenariat entre la Tunisie et la Grèce ont été conclues, accordant, à cet effet, une attention particulière aux actions promotionnelles et à l’échange de visites d’hommes d’affaires dans les deux pays dans le but d’élargir la palette des produits échangés qui se limitent aujourd’hui à quelques produits chimiques, manufacturés (papier, appareils et instruments…) et aux produits agroalimentaires (dattes et produits de la mer ).
En dépit de la crise qui a secoué le pays et généré une situation critique dans le milieu des affaires, l’économie grecque s’est rétablie aujourd’hui et les principaux indicateurs macroéconomiques se sont améliorés (amélioration de la croissance du PIB, maîtrise de l’inflation, balance des transactions courantes, etc.).
Par-delà les aléas de la conjoncture, l’appréhension du marché grec se doit d’être repensée à l’aune des énormes possibilités d’échanges et des pistes de collaboration qu’offrent les deux marchés.
Le Forum économique tuniso-grec organisé récemment à l’Utica par le patronat grec (SEV), la Chambre de commerce et d’industrie d’Athènes (CCI Athènes), et l’Association des exportateurs grecs (SEVE), en marge de la mission multisectorielle d’hommes d’affaires grecs en Tunisie, était une occasion renouvelée et propice pour la prospection de nouvelles perspectives de coopération entre les deux pays à tous les niveaux, et l’exploration de nouvelles pistes de coopération entre les entreprises tunisiennes et leurs homologues grecques dans plusieurs domaines d’activité.

Echanges très faibles
Ce Forum était aussi une opportunité pour conclure deux référendums d’accord entre la Chambre d’industrie et de commerce de Tunis et son homologue grecque d’Athènes. Le premier accord concerne la création d’un Conseil des affaires tuniso-grec et le second signé par l’Utica et le patronat grec visant à soutenir les moyens de coopération et d’investissement bilatéraux.
M.Slim Ghorbel, membre du bureau exécutif de l’Utica, n’a pas manqué de rappeler que nos relations avec la Grèce peuvent être renforcées près avoir franchi sa crise économique.
Et d’ajouter que le niveau des échanges commerciaux entre les deux pays est très faible, moyennant 30 à 49 millions de dinars. Ces échanges englobent essentiellement les secteurs de l’agroalimentaire, du cuir et chaussure et du textile.
«Et c’est l’absence d’une ligne directe reliant la Tunisie à la Grèce qui entrave souvent l’acheminement des produits, indiquant que le mega projet d’aménagement du Port en eaux profondes d’Enfidha dont les travaux démarreront au cours du mois de décembre 2019, facilitera énormément les opérations d’échanges. C’est un problème de logistique de transport avant tout, il faudrait utiliser une ligne avec ce pays pour qu’on puisse avoir une rotation plus importante au niveau du transport maritime», précise t-il.
Selon M.Kamel Doghri, gérant d’une société industrielle, les échanges commerciaux entre la Tunisie et la Grèce ne peuvent être fructueux que par le développement de la logistique maritime et aérienne. «Une entreprise tunisienne a besoin d’un partnership avec le monde extérieur y compris avec les Grecs parce que la Grèce est un pays qui ressemble beaucoup à la Tunisie, il est bien placé dans le domaine du tourisme et sur certaines industries…Nous avons pratiquement les mêmes paramètres qui intéressent les deux économies et si on peut trouver des accords avec des entreprises grecques qui ne sont pas souvent de grosses multinationales qui nous comprennent et qui sont à notre taille est souhaitable plutôt que d’aller coopérer avec des multinationales américaines ou asiatiques, au niveau du développement industriel et technologique essentiellement».

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