C’est hier à minuit qu’a expiré le délai  fixé par le Président Kaïs Saïed aux partis, coalitions et blocs parlementaires pour lui proposer leur(s) candidat(s) au poste de chef du gouvernement
On  ne sait  toujours pas comment le Président va  «déchiffrer» les listes  qu’il a reçues

Le délai accordé par le chef de l’Etat aux partis et aux coalitions politiques pour envoyer par écrit leurs propositions relatives à la nomination d’une personnalité apte à diriger le prochain gouvernement a expiré hier à minuit. Mettant chacun devant ses responsabilités et en se plaçant lui même au-dessus de la mêlée, le Président Kaïs Saïed marque des points. Sa mission, telle que définie par l’article 89 de la Constitution, ne sera toutefois pas de tout repos.

Après réception des diverses propositions, le chef de l’Etat devra faire son choix définitif pendant le week-end. En effet, conformément à la Constitution tunisienne, le président ne dispose que d’une dizaine de jours à partir du rejet du gouvernement Habib Jemli. Concrètement, lundi prochain, les Tunisiens devront s’attendre à la désignation d’un chef de gouvernement.

Une femme, pourquoi pas ?

A l’exception du Parti destourien libre, l’ensemble des partis et des blocs parlementaires de l’Assemblée ont favorablement répondu à la demande du chef de l’Etat et ont griffonné dans des lettres officielles les noms de leurs candidats favoris avec une note de justification de leurs choix. Jusqu’à hier soir, les principales formations politiques ont continué à entretenir le mystère lorsque les journalistes les interpellaient à propos des noms. La coalition Al-Karama a quant à elle choisi la transparence et soutient la candidature de Imed Daïmi pour la présidence du gouvernement.

Pour sa part, le parti Qalb Tounès, longtemps contesté mais qui semble peu à peu normaliser ses relations avec les autres partis, se dit favorable à la formation d’un gouvernement d’union nationale inclusif.

«Nous ne sommes dans aucune démarche d’exclusion, bien au contraire, affirme à La Presse Oussema Khelifi, député du parti Qalb Tounès. Nous souhaitons que tout le monde participe à ce processus de formation du gouvernement et le président du parti Nabil Karoui l’a affirmé à plusieurs reprises. Nous tendons la  main à tous les partis. La Tunisie a besoin d’un consensus national».

Le parti plaide pour un gouvernement réduit, présidé, pourquoi pas, par une femme.

Le député Samir Dilou (Ennahdha) regrette, pour sa part, que son parti n’ait pas l’intention de proposer une femme à la tête du gouvernement. Selon Samir Dilou, la proposition d’Ennahdha est prête. «Reste à savoir comment le président de la République va interagir».

Le véto toujours en vigueur d’Atayar

Le parti Atayar, qui avait refusé d’intégrer le gouvernement de Habib Jemli, semble quant à lui avoir assoupli sa position. En donnant au bureau politique toute la latitude pour négocier, le conseil national du parti libère les mains de Mohamed Abbou et de ses proches. Va-t-il jusqu’à revoir sa position vis à vis de Nabil Karoui et de Qalb Tounès comme le laissent entendre certaines interprétations? Ce n’est pas si sûr.

Interrogée par La Presse, Samia Abbou réitère le refus de son parti d’entrer dans une quelconque négociation avec Qalb Tounès. «Nous reprenons les négociations où nous les avons laissées, c’est-à-dire continuer à négocier avec des partis comme Ennahdha ou éventuellement Tahya Tounès et nous ne sommes pas forcément contents de le faire, alors que dire de Qalb Tounès», précise Samia Abbou.

Au palais de Carthage, aucun commentaire sur le processus en cours. Tout comme l’article 89 de la Constitution, la lettre du Président adressé aux partis est tout aussi ambiguë. A quelques jours seulement de la fin des délais impartis, on ignore tout de la stratégie du Président. S’en tiendra-t-il aux propositions, ou fera-t-il sortir de son chapeau une personnalité politique qui n’était pas du tout dans les petits papiers des partis?

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Un commentaire

  1. karabaka youssef

    17/01/2020 à 10:34

    Une lecture non approfondie des candidats présentés et du nombre des députés des parties qui l’ont présentés , permette de dire que le classement de ces candidats en fonction du vote probable est le suivant:

    1- Fadel Abed Keffi : candidat du : Ennahda, kalb Tounes, Nidaa , Afeak , elmachroua , elbadil.
    2- Hakim ben Hamouda : kalb Tounes , tahya tounes, movement echaab, , Afeak , elmostakbel, elmachroua , elbadil.
    3- Ridha ben mesbah: kalb Tounes , tahya tounes , elmostakbel , Nidaa , Afeak.

    Ce classement temporaire soulève des observations primaires:

    1- Aucun des candidats susvisés n’est soutenu par, ettayar , elkarama ( supposés révolutionnaires).
    2- Le movement echaab soutient hakim ben hamoud , qui n’est pas soutenu par ennahda et elkarama mais soutenu par kalb tounes et tahya tounes. Si Etyar vote pour hakim ben hamoud , la compétition devient principalement entre lui et Fadel Abed kefi.
    3- Il est certain que le choix est difficile, la concertation et les compromis entre les parties politiques principales et indispensables pour faciliter le choix.
    4- le choix doit prendre en considération le vote probable des parties
    5- Il est indispensable de revoir la loi électorale.

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