Un fâcheux précédent historique s’est produit, vendredi 17 janvier 2020, au sein du journal La Presse, l’une des institutions médiatiques les plus importantes et crédibles, aussi bien avant qu’après la révolution de la liberté et de la dignité du 17 décembre 2010-14 janvier 2011. Vendredi 17 janvier, tous les journalistes, techniciens et agents administratifs de l’entreprise « La SNIPE-La PresseEssahafa » ont observé une grève générale soutenue par l’Ugtt pour protester contre la situation délétère qui y prévaut depuis des mois et exiger que la direction générale de l’entreprise engage un dialogue responsable avec le syndicat de base dans l’objectif de répondre positivement aux revendications des travailleurs, de l’entreprise, toutes catégories professionnelles confondues, revendications contenues, en détail, dans les différentes motions publiées par le syndicat de base rendant compte de ce qui a été convenu à l’occasion de plusieurs séances de négociations avec la direction de l’entreprise. Et l’irréparable de se produire, hier samedi 18 janvier 2020.

On craignait un coup tordu de la part de ceux qui ont toujours manqué aux engagements quand il fallait se positionner, on attendait également une manœuvre comme celles auxquelles on était habitués à l’époque qu’on croyait, à tort sommes-nous contraints de le reconnaître, révolues à jamais.

Malheureusement, le coup tordu et la sale manœuvre ont été effectués et « La Presse » dont tout le personnel était en grève légale, reconnue et soutenue par l’Ugtt, a paru hier, samedi 18 janvier 2020, par « la grâce » effectivement de ceux qui ont tourné le dos aux revendications légitimes de leurs collègues et consœurs (journalistes, techniciens et agents administratifs) qui se sont mobilisés une journée durant et le sont toujours pour préserver la dignité de leur entreprise, la crédibilité de leur journal et pour dire un non catégorique aux pratiques contraires aux objectifs et idéaux de la révolution de la dignité.

L’édition de « La Presse » écoulée hier sur le marché est une « édition » totalement parallèle, une édition à laquelle aucun journaliste n’a contribué (d’ailleurs il ne s’y trouve aucun article portant une signature quelconque), de surcroît sortie en dehors de l’imprimerie de la SNIPE-La PresseEssahafa, imprimerie dont tous les techniciens ont scrupuleusement observé la grève générale décrétée par leur syndicat, une édition qui enregistre un dépassement d’une ampleur inqualifiable commis par le président directeur général de l’entreprise qui a outrepassé les compétences qui lui sont accordées pour intervenir illégalement dans le carré de la rédaction et signer l’éditorial de l’édition parallèle et aussi, et là c’est l’erreur impardonnable qu’il a commise : il s’est autorisé, injustement et illégalement, de biffer, ou pour être plus clair, de rayer le nom du rédacteur en chef principal, oubliant que ce dernier est élu par 32 journalistes sur 33 qui lui ont accordé leur confiance pour diriger la rédaction de « La Presse » au cours des trois prochaines années.

La grande famille journalistique, administrative et technique de l’institution « La Presse- Essahafa » s’adresse à ses fidèles lecteurs et lectrices, aux acteurs du paysage politique et civil national, aux militants des libertés publiques et privées, à la grande famille médiatique nationale et à tous ceux épris de liberté, de démocratie et aussi de dignité pour leur affirmer que son combat pour le triomphe des idéaux de la révolution se poursuivra avec la persévérance, la ténacité et l’engagement aux valeurs qui ont toujours été les marques qui distinguent le journal de feu Mohamed Mahfoudh, Slah Maouiaâ…

Les hommes et les femmes de la « SNIPE-La PresseEssahafa » soulignent que les manœuvres inqualifiables et la sale besogne que certains ont accepté d’accomplir, au mépris de tous les idéaux, ne font que renforcer leur cohésion, leur solidarité et leur volonté de faire en sorte que l’institution reste le symbole, l’espace national numéro 1 de la parole libre et de l’expression responsable.

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