La présidente du Parti destourien libre (PDL), Abir Moussi, a affirmé que la réalité politique, économique et sociale du pays neuf ans après la révolution, « confirme son effondrement économique, la corruption politique, l’échec de la loi électorale et d’autres facteurs de recul ».

Elle a souligné que son parti « ne votera pas pour tout gouvernement qui comprend un seul Khouanji » (freriste, islamiste, formulation péjorative pour membre de la confrérie des Frères musulmans, partisan de leur idéologie), en allusion au mouvement Ennahdha qu’elle combat de toutes ses forces.

Présidant samedi un meeting dans la ville de Bizerte, commémorant le 68e anniversaire de la révolution du 18 janvier 1952, Moussi, ex-secrétaire générale adjointe du Rassemblement Constitutionnel Démocrate (RCD) dissous après la révolution, a exprimé sa solidarité avec la dirigeante du Parti du courant populaire, Mbarka Aouaynia, veuve du martyr Mohamed Brahmi, après la révélation d’un plan visant à attenter à sa vie. « Notre parti est solidaire de toute victime ou toute cible de violence, quelles que soient les divergences politiques », a-t-elle souligné.

Elle a estimé que l’interdiction au doyen du barreau tunisien, Ibrahim Bouderbala, d’entrer au Parlement vendredi, « est un scandale au sens plein du mot », alors que des membres des Ligues de protection de la révolution légalement dissoutes ont accédé au Parlement « sous le couvert de la démocratie », affirmant que le PDL « est innocent de l’accusation de perturber le travail du Parlement, parce que c’est un parti qui se respecte, respecte la démocratie et croit au pluralisme ».
Elle a souligné que son parti « n’adhère à aucun système, mais n’a aucune allégeance sauf à l’Etat national », annonçant à cet égard la tenue d’une manifestation devant le siège du Parlement le 25 janvier pour dénoncer la violence politique, et a appelé tous les blocs parlementaires, organisations nationales et autres pouvoirs nationaux à y participer.

A ce propos, elle a appelé à la nécessité d’ouvrir le dossier des « tireurs d’élite et le dossier judiciaire sur le type d’armes et de cartouches qui ont été utilisées pour tuer les Tunisiens lors des événements de la révolution, et de révéler les motifs du meurtre d’environ 300 Tunisiens après le départ de l’ancien président Ben Ali ».

« L’Instance Vérité et Dignité n’est qu’une machine dictatoriale et la sécurité nationale est en danger en raison des infiltrations évidentes au sein de l’Etat et de l’existence d’un soutien politique à la violence », a ajouté Moussi.
D’un autre côté, la dirigeante du PDL a exprimé son regret pour la négligence des autorités tunisiennes du 68e anniversaire de la révolution du 18 janvier 1952 et l’absence de toute commémoration de cet évènement historique dans les régions entières du pays, qualifiant cette négligence de « déni des sacrifices des martyrs et du mouvement national dans son ensemble ».

Elle a ajouté que « ce fait d’armes historique a été mené par le Parti destourien et le leader Habib Bourguiba avec ses camarades et toutes les organisations nationales, dirigées par l’Union générale tunisienne du travail, qu’il a conduit à la totale indépendance le 20 mars 1956 et à la construction des piliers de l’Etat national avec l’élaboration de la constitution tunisienne, la proclamation du système républicain, la tunisification de la sécurité tunisienne et l’armée nationale et l’émission de la monnaie tunisienne ».

Pour Moussi, députée du PDL élue en 2019 de la 2e circonscription de Tunis, la différence entre la révolution du 18 janvier 1952 et la révolution du 17 décembre 2010/14 janvier 2011 « réside dans le fait que la première révolution est celle de tous les Tunisiens, tandis que la deuxième révolution a été dictée par des étrangers, n’a pas révélé ses secrets ou faits et les historiens n’en ont pas parlé ». Elle a estimé que certains « exploitent le sang de personnes leurrées dans cette révolution pour les utiliser afin de liquider leurs opposants politiques ».

Au début du meeting, auquel ont notamment assisté des membres du bureau politique du parti, ses députés au Parlement et ses partisans, les participants ont récité la Fatiha à la mémoire des martyrs des événements de la révolution du 18 janvier 1952 et de tous les martyrs de Tunisie, alors qu’un documentaire a été projeté à cette occasion sur le mouvement national intitulé « De l’occupation à l’indépendance ».

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