Infatigable militante des causes justes, cyberdissidente, figure de proue de la révolution 2.0 et enseignante universitaire, Lina Ben Mhenni s’est éteinte brusquement, dans la matinée du lundi 27 janvier 2020, après une longue maladie chronique.

Elle était de tous les combats justes, de la chute du régime de Ben Ali en 2011 à la collecte des livres en faveur des prisonniers tunisiens — en compagnie de son père Si Sadok Mhenni — passant par les manifestations de la Kasbah 1 et 2.

Fer de lance de la contestation sous nos cieux, Lina était une âme indomptable face aux injustices sociales.

Son engagement au sein de la société civile, sa plume sur son Blog « A Tunisian Girl /بنيّة تونسية » et ses coups de gueules sur les réseaux socionumériques ne laissaient personne indifférent.

Son engagement durant la révolution du « jasmin » lui a valu d’être pressentie pour le Prix Nobel de la paix en 2011.

Lina Ben Mhenni disparaît à l’âge de 36 ans, trop jeune, ce qui bouleverse ses parents, ses proches et ses amis mais après avoir vécu une vraie vie de femme et d’activiste pleine de joie et d’action. Une vie qui sert d’exemple, marquée par la cohérence, le courage et la sincérité.

Celle que le martyr feu Chokri Belaïd l’appelait « Horra men hrayer Tounes » (une libre parmi les femmes libres de la Tunisie) avait un immense respect pour les droits civiques et un inoxydable amour pour sa Tunisie.

Femme de terrain et véritable agitatrice de la toile, avec sa minuscule silhouette, cette Xena des temps modernes était sur tous les fronts de la parole libre et dans toutes les batailles de la nouvelle Tunisie durant ces neuf dernières années.

Personnalité aux multiples talents, récipiendaire de très nombreux prix internationaux et distinctions, Lina était un symbole de la lutte contre l’arbitraire, de la protection des droits de l’homme, et du combat contre l’oppression.

« A Tunisian Girl » a consacré toute sa vie à ces causes. Et pour plusieurs jeunes militants de la société civile tunisienne, elle est un symbole du combat. C’est un peu la Marianne en chair et en os des indignés tunisiens… Notre éternelle indignée.

Lina Ben Mhenni, une belle personne d’aujourd’hui que tous pleurent et regrettent.

Salut Guerrière… Adieu mon amie !


 

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