Des mesures sécuritaires musclées et d’une rare ampleur ont été prises récemment pour lutter contre la criminalité. Le locataire du palais de Carthage est passé par là.


Mercredi dernier, le président de la République recevait le ministre de l’Intérieur. A l’ordre du jour de l’audience, l’inévitable question sécuritaire devenue, il est vrai, d’une actualité brûlante. Dans un pays qui subit de plein fouet la hausse de la criminalité et la propagation presque incontrôlée du fléau des braquages, au milieu du ras-le-bol grandissant de la population, l’Etat n’avait plus droit ni au laxisme ni à la valse des promesses. Bref, il fallait montrer au citoyen lambda, inquiet et quasi déprimé, par le fait que tous les feux de la sécurité sont au vert et que l’espoir de jours meilleurs et d’un regain de quiétude est toujours là.

Droit au but

Au lendemain même de cette audience présidentielle, place à la contre-attaque officielle. Celle-ci est, semble-t-il, bien partie pour faire mouche. La preuve est que, depuis son… bunker de l’avenue Bourguiba, le ministre de l’Intérieur a aussitôt convoqué une «réunion de crise» avec les principaux patrons des unités sécuritaires (police et Garde nationale).

Un mot d’ordre, un seul : la criminalité, avec tous ses modes et délits, est à pulvériser. Coûte que coûte ! S’ensuivra une batterie de mesures devant être appliquées dans le cadre d’un plan de vigilance qui, pour une fois depuis la révolution, se distingue par son caractère anticipatif, donc offensif, soit conformément au modus operandi suivi, avec succès, dans la lutte contre le terrorisme dans nos murs. Ainsi, instructions ont-elles été données pour dorénavant aller droit au but, avant même que «l’incendie» ne se déclare. En effet, ces mesures musclées et d’une rare ampleur consistent à procéder à un quadrillage quotidien des quartiers populaires classés «à haut risque», intensifier les contrôles un peu partout dans le pays dans les axes routiers, sur la voie publique, dans les transports publics et les rues commerçantes, multiplier les opérations de fouilles des véhicules, réviser vers la hausse la fréquence des descentes policières inopinées dans les fiefs des délinquants. Il s’agit également d’accélérer les procédures pénales en ce qui concerne le jugement des présumés accusés, afin de soulager les centres de détention provisoire (El Gorjani en tête) qui souffrent de saturation et de surbooking et de renforcer  la coordination et la synchronisation des efforts entre les différents intervenants (ministères de l’Intérieur, du Transport, de la Justice, de la Santé et du Tourisme, ainsi que les départements de la Douane et de la Protection civile).

Cette opération coup-de-poing de grande envergure a, semble-t-il, porté ses fruits. Les redoutables braqueurs en première ligne ont battu en retraite et ont observé un profil bas dès que le danger s’est précisé. Nous n’avons qu’à espérer  que cette fulgurante offensive sécuritaire se poursuivra dans la durée.

Mohsen ZRIBI

Charger plus d'articles
Charger plus par La Presse
Charger plus dans Société

Laisser un commentaire