Le secteur de l’artisanat se porte beaucoup mieux après le redressement du tourisme ces dernières années et l’Office compte aller plus loin en vue de renforcer le poids de ce secteur dans l’économie et faire augmenter sa contribution au PIB qui est aujourd’hui de l’ordre de 4,58%

Le rôle du secteur de l’artisanat  dans le développement de l’économie du pays n’est plus à démontrer, avec environ 350 mille professionnels et 2.423  entreprises. Une panoplie de mesures ont été prises dans le cadre de la mise en œuvre des grands axes du plan national de développement de l’artisanat (Pnda) visant à booster le secteur par le biais de plusieurs projets structurants, a souligné le directeur général de l’Office national de l’artisanat tunisien, Faouzi Ben Hlima, lors d’une rencontre avec les médias tenue mardi et dans  laquelle il a passé en revue les orientations générales pour l’année en cours et les réalisations de l’année 2019 caractérisée par la reprise du secteur comme en témoignent  la création d’environ 7.000 emplois avec l’assistance financière de la Banque tunisienne de solidarité et la forte hausse de fréquentation des expositions estimée à 140 mille visiteurs.

Les diplômés en renfort

Au cours de la même année, l’Office s’est penché sur l’organisation de plusieurs journées promotionnelles ainsi que des foires d’exposition à l’intérieur du pays, la participation à des  salons à Berlin, Francfort, Prague, Alger, Milan, Paris. Ceci sans oublier le concours national de la création dans le tissage ras et la 21e édition de la Khomsa d’or qui est devenue un rendez-vous incontournable pour la création et la mode. La valeur des exportations des produits issus de l’artisanat est estimée à 85 MD de recettes pour l’année passée, a dévoilé Ben Hlima.

La mise en œuvre de plusieurs  projets en 2020 dans le cadre du Pnda est de nature à faire augmenter encore plus ce chiffre aux alentours de 90 MD et même plus. L’insertion des diplômés dans ce secteur, dont le taux est estimé aujourd’hui à 10%,  a nettement contribué à développer ce secteur, a-t-il tenu à souligner. Une tendance  confirmant que les jeunes diplômés s’orientent de plus en plus vers ce secteur.

Miser sur la qualité et la création

Pour ce qui est de l’année 2020, l’Office s’oriente vers le renforcement du développement des capacités et des compétences par le biais de cycles de formation visant à apporter l’appui et l’encadrement nécessaires à la commercialisation, l’exportation du produit de l’artisanat et la participation aux foires à l’étranger.  Le directeur général  espère la réalisation au plus vite de l’accord de coopération signé en 2019 avec le ministère de l’Agriculture qui prévoit 20% du bois d’olivier aux petits artisans à des prix préférentiels  en raison de son impact positif sur ces derniers.

Le secteur de l’artisanat se porte beaucoup mieux après le redressement du tourisme ces dernières années et l’Office compte aller plus loin en vue de renforcer le poids de ce secteur dans l’économie et faire augmenter sa contribution au PIB qui est aujourd’hui de l’ordre de 4,58%. La nouvelle approche est axée sur toute une chaîne de valeur qui prend en considération la création et la qualité. Notre produit a longtemps manqué de visibilité ainsi que de mécanismes d’accompagnement et d’appui. C’est pourquoi  un programme financé par l’UE, en coopération avec l’agence des Nations unies en Tunisie, a été mis en œuvre dans notre pays  dans le cadre du projet  Méditerranée Créative, permettant ainsi à plusieurs entreprises d’exposer leurs produits dans divers salons et expositions.

Une carte numérique pour l’artisanat tunisien

Il va sans dire que le secteur fait face toujours à certains obstacles, notamment au niveau  de la vente ou l’exportation du produit artisanal en dehors de nos frontières. Les professionnels du métier et les petits artisans ne peuvent accéder au paiement électronique international, à l’exemple de Paypal, ont soulevé les représentants de l’Office national, mais la bonne nouvelle est que ce problème sera bientôt réglé. Les discussions de la Banque centrale  de Tunisie avec certaines parties prenantes sont à un stade largement avancé.

Parmi les autres mesures et actions annoncées lors de la rencontre, une carte nationale numérique de l’artisanat sera fin prête au cours de cette année. Cette carte va répertorier les professionnels du secteur, les institutions dans chaque région du pays, ce qui va faciliter l’action de l’Etat en matière de mise en œuvre  des plans d’action visant à combler les lacunes et appuyer le secteur.

Un nouveau label de qualité

Souffrant de la contrefaçon made in China, le produit artisanal tunisien sera beaucoup plus protégé à l’avenir grâce à un label de qualité, a assuré Leïla Msellati, directrice de la qualité au sein de l’Office. Là où le bât blesse, ce sont des commerçants tunisiens qui vendent ces produits contrefaits, ajoute-t-elle. Le nouveau label va déterminer la traçabilité et valoriser encore plus le produit. Ceci est aussi de nature à faciliter son exportation au niveau des services douaniers.

En matière de communication, et en plus du site officiel  et des sites qu’on retrouve sur les réseaux sociaux, l’Office, qui gagne aujourd’hui en visibilité, se dotera bientôt  d’une application mobile dédiée à ces activités, fait savoir Mme Sonia El Atrous, directrice en marketing et communication.
En conclusion, l’Office a annoncé le lancement de la deuxième édition du concours national du meilleur article de presse sur l’artisanat tunisien autour du thème « le label de l’artisanat tunisien ».

 

(crédit photo : Image par Olga Ozik de Pixabay)

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