Le président de la République Kais Saied a souligné que « la Palestine n’est pas une ferme ni un jardin pour faire l’objet d’un accord », en allusion à l’initiative américaine de règlement du conflit au Moyen-Orient connu sous l’appellation d' »accord du siècle ».

Il a souligné que la Tunisie considère la cause palestinienne comme sa cause centrale garantie par les textes de légitimité internationale « en dépit de ses lacunes », et considère que toute altération des droits légitimes et naturels des Palestiniens est rejetée.

Le chef de l’État qui livrait une longue interview à la chaîne publique « Al-Wataniya 1 », jeudi soir, à l’occasion des cent jours de prise de fonctions, a affirmé que le droit palestinien est inaliénable et la Palestine représentait l’injustice des XXe et XXIe siècles et il n’y a « absolument aucune place pour la normalisation avec l’entité usurpatrice avant de mettre fin à cette violation ». Il a estimé que « l’idée de normalisation est le produit de la culture de la défaite, un crime pernicieux et une traîtrise ».

Au sujet du dossier libyen, le président de la République a indiqué avoir rencontré de nombreux chefs tribaux et représentants des sociétés libyennes et avoir reçu aujourd’hui des messages de chefs tribaux même de l’ouest de la Libye lui demandant de poursuivre ses efforts en jetant les ponts de dialogue entre les composantes du peuple libyen… « tout cela en quête de légitimité libyenne consolidant la légitimité internationale à laquelle la Tunisie adhère ».

Saied a estimé que sa visite annoncée dimanche prochain en Algérie, comme il l’avait promis, était la première étape de ses visites officielles à l’étranger et que le retard de la date n’était lié qu’aux élections algériennes et à la formation du gouvernement tunisien.

« J’irai en Algérie, car elle fait partie de nous et nous en faisons partie », a-t-il souligné. Il a évoqué d’autre part la possibilité de s’entendre sur Initiative tuniso-algérienne pour résoudre la crise libyenne « car les deux pays sont soucieux de stabiliser la situation dans ce pays et parce qu’ils sont affectés par la crise qui y sévit ».

Au sujet de ses affirmations sur une conspiration de certaines parties contre la Tunisie, Saied a déclaré : « Le jour viendra où nous révélerons les personnes et les entités qui conspirent… et l’histoire fera le tri… Je n’accuse personne ou une partie spécifique, mais je sais beaucoup de choses sur ce qui se passe et ce qui se prépare ».

« Ces gens ne veulent pas du bien pour la Tunisie. Ils ne veulent pas qu’elle progresse. Il y a du lobbying. Mais l’important est de faire preuve d’unité face à ceux qui travaillent à créer des crises successives, similaires aux crises laitières, des médicaments, des armes à Ouardanine… Ils créent des crises… pour que la gestion de crise soit l’instrument de la gouvernance… « 

Il a souligné que les complots et les manœuvres « ne réussiront pas et que la Tunisie va de l’avant grâce aux efforts et aux sacrifices des forces de sécurité et militaires pour étendre la sécurité et renforcer la souveraineté sur l’ensemble du territoire national », appelant les citoyens à ne pas être affectés ou à se sentir terrifiés par les tentatives de déstabilisation de certaines parties ».

Concernant le dossier des martyrs et des blessés de la révolution, le président de la République a affirmé que la solution la plus appropriée qui était censée contribuer à résoudre le problème est d’adopter la liste qui a été élaborée en 2011 avec quelques amendements, appelant toutes les institutions de l’État, en particulier le parlement et le gouvernement, à assumer leurs responsabilités pour accélérer le règlement de ce dossier.

Concernant ses pouvoirs en tant que président du Conseil de sécurité nationale et la question de l’appareil dit « secret » du mouvement Ennahda, Kais Saied a expliqué que le Conseil de sécurité nationale peut ouvrir tous les dossiers, mais que la décision en la matière est du ressort du pouvoir judiciaire, « qui doit assumer ses responsabilités ».

Après avoir mentionné que le dossier de cet appareil avait été déposé sur la table du Conseil de sécurité nationale lorsque des signes de divorce commençaient à apparaître entre Ennahda et Nidaa Tounes, Saied a souligné : « C’est à la justice de trancher la question mais également celle des assassinats, de la corruption et de blanchiment d’argent qui sont restés en suspens ».

Sur sa relation avec le chef de gouvernement sortant et la présidence du Parlement, Saied a estimé qu’il y a « ceux qui recherchent un affrontement… Je ne veux affronter personne. Je sais ce que je dis et ce que je fais. Ma relation avec le chef de gouvernement ou avec le Président du Parlement, est une relation régie par le souci que les institutions et les institutions de l’État continuent à travailler en harmonie et à assurer les services publics pour les citoyens… et à partir de là je ne cherche pas un affrontement… sachant que je suis indépendant de tout le monde, et je n’appartiens à aucun parti, mais mon appartenance à la Tunisie seule ».

Concernant son choix d’Elyes Fakhfakh pour former le gouvernement, le président de la République a expliqué qu’il avait basé son choix sur les propositions des partis, des blocs et des organisations et que le choix était son choix sans ingérence de qui que ce soit, déclarant que l’Assemblée des représentants du peuple serait celle qui déciderait en dernier ressort du prochain chef de gouvernement, « qui devrait avoir des tâches urgentes liées à l’amélioration de la situation économique et sociale et au bon fonctionnement des services publics essentiels, y compris la santé, l’éducation, l’emploi et la Sécurité sociale ».

« Celui qui a été nommé sollicitera la confiance au Parlement… et cela signifie qu’il en tirera sa majorité… Et si la personnalité désignée (Fakfakh) est désavouée, alors les partis qui l’ont rejetée supporteront les conséquences de la crise qui en résultera », soulignant que la solution sera alors le respect de la constitution… »

Kais Saied a souligné qu’il se place toujours aux côtés des jeunes et des pauvres et qu’il cherche tous les moyens de répondre à leurs véritables revendications de liberté, de travail et de dignité, « bien qu’aucune initiative ni aucun projet de loi ne soient allés dans ce sens, jusqu’à ce que la situation se stabilise au niveau des institutions de l’État, et en particulier l’investiture du gouvernement.

Il a fait état d’un projet de loi pour mettre en place « l’institution Fida » au profit des familles des martyrs de la révolution et ses martyrs ainsi que les enfants des martyrs et blessés des corps de sécurité et de l’armée qui sera soumis au parlement.

Il a annoncé que parmi les projets sur lesquels il travaillait depuis longtemps, la création de la ville médicale des Aghlabides à Raqqada dans une ville de Kairouan, dotée de toutes les spécialités et tous les équipements, expliquant que les études liées à ce grand projet sont presque finalisées alors que les efforts se poursuivent pour lever les fonds nécessaires.

Le chef de l’État a également souligné que les efforts se poursuivent pour faire avancer d’autres grands projets à vocation sociale qui incluent les différentes régions du pays et principalement les régions de l’intérieur… « ce qui nécessite la contribution de l’autorité législative et du gouvernement ». Il a souligné que de nombreux financiers tunisiens et étrangers exigent de la transparence dans la gestion des fonds et des investissements sous la supervision de la présidence qui, selon lui, doivent provenir « de personnes intègres et les fonds affectés ne sont pas des opérations de blanchiment ».

En réponse à une question sur son intention de créer un nouveau parti, Kais Saied a affirmé qu’il n’avait absolument aucune intention de créer un parti parce qu’il pensait que « la Tunisie, et en fait toute l’humanité, est entrée dans une nouvelle étape de son histoire, dans laquelle les anciens concepts d’organisation politique sont devenus obsolètes »…, soulignant que son travail se poursuivra auprès des jeunes de la même manière et selon la même méthodologie.

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