Autant dire que les conditions et les circonstances de voir l’affaire Sami Fehri prendre fin peinent à se mettre en place définitivement pour en finir avec ce feuilleton dont les épisodes sont interminables. Jour après jour, l’affaire, qui traîne dans les tribunaux depuis neuf ans, ne cesse de connaître de nouveaux rebondissements, ce qui rouvre le débat sur la lenteur et l’efficacité des mécanismes judiciaires. L’affaire Sami Fehri est-elle purement judiciaire ou connaît-elle des ramifications politiques ? Rien n’est encore sûr alors que l’opinion publique mérite et exige des éclaircissements.


Sami Fehri, propriétaire de la chaîne Elhiwar Ettounssi et animateur d’émissions télévisées, pensait être libéré mercredi dernier, mais le ministère public a refusé sa libération malgré la décision de la Cour de cassation d’annuler le mandat de dépôt émis à son encontre en décembre dernier. En effet, mercredi, l’avocat de Sami Fehri Abdelaziz Essid annonçait que la Cour de cassation avait décidé la remise en liberté de son client. Tous les médias, ont, donc, annoncé sa libération, vu, qu’habituellement, il devait être remis en liberté dans la soirée même. Or, le lendemain, Maître Abdelaziz Essid confirmait que son client n’avait pas été libéré malgré la décision de la Cour de cassation. Et pour cause, un nouveau mandat a été émis à son encontre, dans le cadre d’une affaire de corruption toujours en liaison avec la même affaire Cactus Prod, qui traîne depuis 2011.

En effet, conformément à ce qu’a confirmé le porte-parole de la Cour d’appel, Habib Torkhani, Sami Fehri restera en prison, car la chambre d’accusation spécialisée dans les affaires de corruption financière a émis trois nouveaux mandats de dépôt à l’encontre du propriétaire d’El Hiwar Ettounsi, de la mandataire judiciaire de Cactus Pro et de l’agent de Eight Prod, dans le cadre de la fameuse affaire Cactus Prod. «Le ministère public a fait appel de la décision du juge d’instruction du pôle judiciaire économique et financier qui a laissé les suspects dans cette affaire en état de liberté malgré la décision de la chambre d’accusation qui avait émis des mandats de dépôt contre les concernés.

L’avocat de la défense a fait appel de cette décision mercredi mais la Cour d’appel a décidé de se saisir de nouveau de l’affaire. Jeudi, trois nouveaux mandats de dépôt ont été émis et comme Sami Fehri est en prison, il est resté sous les verrous. L’affaire concerne encore une fois la société Cactus prod», a fait savoir, Habib Torkhani.
Et c’est suite à ces nouveaux rebondissements que l’avocat de Sami Fehri Abdelaziz Essid a dénoncé une situation injuste exercée contre son client, affirmant même que «ce dernier est actuellement séquestré illégalement en l’absence de l’application correcte des procédures».

Injustice et menaces ?
Abdelaziz Essid a appelé également tous ses collègues et les défenseurs des droits de l’Homme à manifester contre cette situation d’injustice. «Oubliez le nom de Sami Fehri, aujourd’hui nous devons défendre toute une cause, celle de l’application juste et correcte des procédures judiciaires. Aujourd’hui, c’est Sami Fehri, demain sera le tour de quelqu’un d’autre», a-t-il mis en garde. Avant d’accuser certaines parties d’avoir menacé Sami Fehri. «Si j’évoque explicitement ces menaces, un séisme médiatique secouera la Tunisie», a-t-il encore dit.

Suite à l’émission, mercredi 11 décembre 2019, d’un nouveau mandat de dépôt à son encontre le magnat des médias Sami Fehri s’est rendu à la justice une semaine après. Il est toujours poursuivi dans le cadre d’une nouvelle affaire, en liaison avec l’affaire initiale Cactus Prod. Cette nouvelle affaire porte sur des soupçons de corruption impliquant la mandataire judiciaire dans la société Cactus Prod, objet de confiscation, pour avoir conclu délibérément des contrats en violation des lois et dispositions en vigueur. Cette dernière et l’agent de Eight Prod sont en état de fuite.

L’affaire initiale de la société de production Cactus Prod, qui traîne depuis 2011, concerne, rappelons-le, des dépassements commis par ladite société de production sous l’ancien régime et qui ont causé de grosses pertes financières à l’Etablissement de la Télévision tunisienne.
Sami Fehri avait été remis en liberté en novembre dernier avec décision d’interdiction de voyager pour 12 accusés dans l’affaire de malversations dans cette société, sur décision du juge d’instruction du Pôle économique et financier, avant d’être de nouveau écroué en décembre dernier. Fehri avait été arrêté le 5 novembre 2019 par la brigade des recherches dans les crimes économiques et financiers d’El Gorjani, et ce pour soupçon de corruption toujours au sein de la société Cactus Prod. A quand la fin du feuilleton ? Personne ne sait.

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