Selon les études de l’OTE, la libéralisation du dinar a largement contribué à l’explosion de la dette publique ainsi qu’à la hausse de l’inflation.

Selon une analyse publiée en 2019 par l’Observatoire tunisien de l’économie (OTE), la dévaluation du dinar a fait exploser la dette publique. La contribution de l’effet de change dans l’augmentation de la dette publique a tellement augmenté, au point qu’elle est devenue la principale cause de l’augmentation de la dette publique à partir de 2016, année où la libéralisation du dinar est désormais en vigueur. En effet, il existe trois principales causes qui sont à l’origine de l’augmentation de la dette publique, cite le rapport de l’étude, en l’occurrence le déficit budgétaire, les intérêts de la dette et  l’effet de change. L’évolution de ces trois facteurs sur la période de 2014 à 2018 montre une régression de la contribution du déficit budgétaire dans l’accroissement de la dette contre un empiètement clair de la contribution de l’effet de change. L’année 2016, étant l’année où le saut de la contribution de l’effet de change est considérable. Dans les années 2014 et 2015, le déficit budgétaire était la principale cause de l’augmentation de l’endettement à hauteur de  2 milliards de dinars.

2016, l’année où tout a basculé

Après le pic de 2017 où on a enregistré une contribution de 3,4 milliards de dinars dans le volume total de la dette publique, la contribution du déficit budgétaire a chuté pour se situer à 1,8 milliard  de dinars en 2018. Pour l’effet de change, il  ne contribuait  alors qu’à hauteur de 1 milliard de dinars en 2014. Suite à la libéralisation du taux de change en avril 2016, la contribution de l’effet de change a explosé, —  explique le document —  pour passer à 3,9 milliards de dinars. Depuis, la contribution de l’effet de change s’est élevé pour atteindre la somme de 9,5 milliards de dinars en 2018, soit 5 fois plus que le déficit budgétaire de la même année. Le rapport conclut que la dévaluation du dinar a doublé le stock de la dette publique extérieure qui est passé de 29, 9 milliards de dinars, en 2015, à 60,2 milliards de dinars en 2018. Les recommandations conclues  mettent l’accent sur la nécessité de stabiliser davantage le dinar. “Les efforts des autorités devraient se concentrer ainsi 5 fois plus sur la stabilisation du dinar que sur l’austérité budgétaire qui contribue moins à l’augmentation de la dette publique que les seuls intérêts de la dette”, précise le rapport de l’analyse.

Pareil constat a été tiré pour l’inflation qui —  selon un autre rapport publié en 2018 par la même institution —  “a fortement augmenté avec la libéralisation du dinar en avril 2016  puis s’est accélérée notamment après le décrochage du dinar de mars 2017”, note le rapport. Le même document révèle qu’entre avril 2016 et mai 2018, une forte corrélation a été établie  entre le taux de change et l’inflation (-0,91) contrairement à la période qui s’étalait de janvier 2013 à mars 2016 où la corrélation entre le taux de change du dinar et l’inflation est faible.

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