La rue est livrée aux délinquants de toutes sortes. L’espace public devient l’univers où ils croient pouvoir tout faire sans être inquiétés. Et, sans attendre, ils passent à l’action en commettant en plein jour, et devant tout le monde, leurs nombreux forfaits. Ils sont assurés de leur impunité.

La manifestation du phénomène de la violence se présente sous toutes les formes et se diversifie au rythme de l’évolution de la société et des discours ambiants. Notre société connaît, en effet, des bouleversements sans précédent qui ont contribué à l’apparition d’une catégorie sociale ayant choisi la voie de la déviation et de la délinquance. 

Actuellement, le contexte sociopolitique se prête à la consolidation de cette nouvelle mentalité qui a trouvé un terrain favorable pour s’épanouir.

La violence matérielle est issue, avant tout, d’une violence verbale. Les nombreux discours charrient des appels et des incitations à la haine et au rejet. Les programmes télévisés glorifient et amplifient cette orientation par le biais de fictions violentes faisant l’apologie du crime et du banditisme. La vulgarité du langage s’est instituée dans les médias, toutes appartenances confondues. 

Indifférence

Bref, tout ce qui nous entoure nourrit la haine et l’intolérance. Même nos murs respirent le dégoût. Des graffitis obscènes et injurieux foisonnent sur tous les espaces, y compris sur les murs et les façades de nos institutions éducatives. L’indifférence des gens est devenue normale. On ne peut (veut) plus réagir par peur des conséquences.

Du coup, la rue est livrée aux délinquants de toutes sortes. L’espace public devient l’univers où ils croient pouvoir tout faire sans être inquiétés. Et, sans attendre, ils passent à l’action en commettant en plein jour et devant tout le monde, leurs nombreux forfaits. Ils sont assurés de leur impunité. 

Cette impunité résulte, essentiellement, d’une attitude irresponsable de certaines personnes. 

Il y a, malheureusement, des gens qui prétendent défendre les droits et les libertés de tous les êtres vivants. Des droits humains aux droits des chats, des chiens et des oiseaux en passant par les droits de l’enfant.

À travers une rhétorique pernicieuse, ils laissent entendre aux uns et aux autres que tout est permis et qu’il est normal de ne respecter aucune règle minimale de conduite. Il est vrai que la violence existe depuis des décennies. Mais ce qui est nouveau et grave c’est que ces «défenseurs» ont franchi toutes les lignes rouges. Ils ne s’embarrassent pas de ce que leur comportement entraîne de nouveaux cas de violence ou de délinquance à cause des malentendus dont ils sont à l’origine.

À bien y voir, tout est là pour encourager tous les phénomènes de marginalisation et de dérives. 

Dans les écoles, l’enseignement portant sur les droits de l’enfant souffre de graves carences. On l’a souligné à plusieurs reprises, l’enfant ne doit pas connaître, uniquement, ses droits. Il y a, obligatoirement, des devoirs qui vont avec. C’est ce point qui est, totalement, ignoré dans les programmes scolaires. De plus, on constate que l’augmentation du phénomène de la violence concerne un taux non négligeable de mineurs. Pourtant, les actes qu’ils commettent sont souvent très graves. D’où l’impunité car la loi existante est incapable de donner la parade. On se contente alors de très peu comme le placement des enfants impliqués dans des centres de «rééducation». Ces derniers, faute d’adaptation, se transforment en «plateforme» pour fabriquer les futurs délinquants professionnels. 

De ce fait, les autorités se trouvent démunies et ne peuvent pas sanctionner cette catégorie de gens. C’est pourquoi tous ces mineurs sévissent partout et commettent tous les forfaits imaginables. On les trouve dans les différents moyens de transport en train de saccager des équipements coûtant des millions et des millions de dinars sans que personne ne puisse les en empêcher. 

Spectacles désolants

A titre d’exemple, ces jeunes (des élèves, en général) bloquent les portières des métros pour permettre à leurs amis de monter à leur aise, ils tirent la manette des freins de secours, ils importunent les voyageurs… Tous ces spectacles et d’autres sont quotidiens et occasionnent, bien évidemment, de grosses pertes au transporteur. Les utilisateurs de ces moyens de transport, eux, restent passifs parce que rien ne les autorise plus à intervenir sous quelque forme que ce soit. Autrement, ils pourraient être impliqués dans une affaire sans fin alors que leur intention est de préserver ce bien public qu’est le métro ou le train ou le bus.

Aussi se demande-t-on pourquoi il y a une absence de sécurité. Pourquoi tous ces jeunes se sont-ils transformés en vandales livrés à eux-mêmes ?  Où est la police ? Quelles mesures sécuritaires ont été prises par la société de transport pour protéger ses clients contre tous ces actes et protéger, aussi et surtout, son matériel ?

La réponse serait très simple. Tout le monde dira que la police fait son travail même si c’est après coup. Il existe des défaillances dues, certainement, à un manque de coordination entre les transporteurs et les forces de sécurité. On parle de métros équipés de caméras de surveillance mais on ne sait pas si ces appareils fonctionnent ou s’ils sont exploités. 

La nécessité de placer des agents de sécurité à bord des moyens de transport (TGM, métros et trains de la Sncft) s’impose. Ce n’est que de cette manière que l’on pourra mettre fin aux exactions quotidiennes de ces hordes de jeunes qui embarquent dans les différents moyens de transport, notamment, aux heures de sortie des établissements scolaires. Il n’est que de les voir à l’œuvre dans le métro 4, sur le tronçon Denden-Bardo, ou sur les lignes 1 et 6 ou encore sur le train de la banlieue sud au niveau du lycée de Radès. 

Ces spectacles désolants sont appelés à se poursuivre dans ce climat malsain où des discours irresponsables et malveillants sont tenus par certaines personnes contre l’action de la police dans les espaces publics et en matière de maintien de l’ordre.

Des gens se placent aux premières loges pour dénigrer le comportement des agents de sécurité qui interviennent chaque fois que c’est nécessaire. C’est ainsi qu’ils sont accusés de commettre des abus et des dépassements. On ne veut même pas leur accorder le droit de se défendre contre les agressions qu’ils subissent dans l’exercice de leur fonction. On ne peut voir là qu’une volonté affichée de nuire à la police en l’empêchant de disposer des moyens pour accomplir sa noble mission : à savoir garantir la sécurité des honnêtes gens.

À travers le maintien d’une telle pression sur la police, ces soi-disant défenseurs des droits et des libertés deviennent sans le vouloir (mais, parfois, en toute connaissance de cause pour beaucoup de ces pseudo-activistes) des alliés objectifs des hors-la-loi et des délinquants. 

Et les droits des honnêtes gens ?

Quand on voit, par ailleurs, la prolifération de ces organismes qui prônent la défense des»marginalisés», des «sans droits», des «pauvres» (sans que l’on sache ce qui se cache derrière ces appellations), on se demande pourquoi il n’y a aucun organisme (mais, alors, aucun) pour s’autoproclamer comme le défenseur des gens qui ne cherchent qu’à vivre tranquillement sans craindre pour leurs biens ou leur vie.

Ils ne demandent, en cela, que l’application de la loi et de laisser la police faire son travail. On ne peut pas dépasser des pays parmi les plus démocratiques en matière de respect des droits. Aux États-Unis, la police dispose de plus de liberté que chez nous pour réprimer la violence et le crime. Alors, pourquoi tous ces carcans dont on veut charger nos agents. Sinon, qu’est-ce qui empêche d’adopter ce projet de loi qui vise à protéger les agents de sécurité contre les agressions et à préciser un cadre clair pour l’exercice de leur métier. 

Ces attitudes dilatoires ne peuvent que cacher des desseins inavoués de ceux qui veulent neutraliser l’action de nos forces de sécurité pour laisser la voie libre devant le crime, la délinquance et le chaos.

D’un autre côté, les blocages qu’on ne cesse de dresser devant l’application de la loi contre des individus parce qu’ils sont mineurs vont à l’encontre des droits de toute la société. Ce n’est pas parce que les auteurs d’actes violents voire criminels: (tout le monde a en mémoire cette opération de braquage à bord du métro et qui a coûté la vie à un jeune militaire) sont des mineurs, qu’on doit baisser les bras et laisser faire. On ne demandera pas de faire ce qui se fait dans certains pays parmi les plus développés (appliquer une loi très sévère) mais, à tout le moins, actualiser l’arsenal juridique et la formation de nos magistrats pour qu’ils soient plus sensibles à l’évolution trop rapide des mentalités.

Si on ne peut pas engager la responsabilité des auteurs de tels forfaits, il est impératif que les autorités (qui sont amplement sensibilisées) et, particulièrement cette société dite civile, de mesurer l’impact de ce trop-plein de droits et de libertés qui va nous conduire vers une dérive sécuritaire dont on ne mesure pas les conséquences. Ces mineurs ont, derrière eux, des parents. C’est là que doit s’exercer le droit de poursuite. Personne ne doit se sentir à l’abri après avoir commis un acte répréhensible, fût-il mineur. Ce n’est pas un tel détail qui devrait bloquer le fonctionnement de notre société.

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