Après six ans d’absence, le fameux groupe instrumental palestinien, Trio Joubran, était de retour  le 4 février en Tunisie pour faire vibrer leur oud sur la scène de l’Opéra à la Cité de la culture dans le cadre du festival arabe de la musique engagée qui a débuté le 1er février .

Le Trio a entamé dès le début de 2020 une large tournée internationale de Hamburg, Luxembourg à Toulouse  en passant par Djibouti entre autres . Une tournée qui s’achève  avec un spectacle : hors-normes en Tunisie.

Les infatigables défenseurs de la cause palestinienne, Samir, Wissam et Adnan Joubran, qui ont joué à guichets fermés trois jours avant le spectacle, ont fait voler le public vers un monde féerique en présentant « The Long March », leur sixième album sorti en 2018, et habité par des voix multiples à l’instar de Roger Waters, Mahmoud Darwish, ou encore l’Iranien Mohammad Motamedi. Leur musique flamboyante et leurs textes puissants ont formé une ambiance merveilleusement éclectique.

Les compositions des frères Joubran ont été soutenues par les rythmes à la fois subtils et envoûtants du percussionniste d’origine palestinienne, Youssef Hbeisch, et l’artiste iranien Habib Meftah. Ils ont su s’illustrer sur la scène, devant un parterre de fans tunisiens de toutes les générations et de tous horizons, par leur virtuosité instrumentale, mais aussi par leur spontanéité et humour.

Envoûtant toute une génération et tout un peuple, la fratrie Joubran, native de Nazareth, place encore une fois la Palestine au centre du monde et chante pour la patrie, pour la libération, et pour la paix.

Un spectacle fortement marqué par la présence de la Palestine que ce soit à travers la voix du grand poète Mahmoud Darwish en arrière-plan ou par les cartes de la Palestine portées par le large public. Pour les artistes, c’est elle qui s’est jouée sur la scène. Avec des morceaux vibrants et palpitants qui faisaient écho à l’actualité, le concert du Trio Joubran a fait entendre les maux des peuples autochtones et surtout a fait parler leur pays natal, dans un acte de résistance qui fait preuve d’une vitalité culturelle créative et fascinante.

Le groupe, largement connu, a suscité l’engouement du public de l’Opéra ; un public avide d’amour, de poésie et de musique à travers ses compositions bien rythmées entre pièces écrites, sonorités et improvisations et encore, avec une présence scénique forte et remarquable.

Ce spectacle, où les artistes ont transmis un message d’espoir, d’amour et de passion, représentait une pure synergie entre des différents univers musicaux où le oud est roi tout en rendant hommage à Mahmoud Darwish, l’ambassadeur poétique des Palestiniens. Leur musique envoûtante a fait preuve d’une innovation virtuose et d’une sensibilité musicale profonde.

Trois regards, trois talents et trois ouds qui se croisent toujours et encore. À trois, ils ne forment qu’un. Un style, une vision, une identité.

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