Malheureusement les compétitions africaines ne se jouent pas uniquement sur les terrains. Il faudra donc composer avec d’autres facteurs qui pourraient survenir après avoir été manigancés dans les coulisses de la CAF. Rien n’est exclu !

L’Espérance Sportive de Tunis et l’Etoile Sportive du Sahel porteront l’espoir de leurs supporters et de tous les Tunisiens de les voir réaliser une nouvelle consécration continentale après leur digne qualification aux quarts de finale de la Ligue des champions.

Nos deux représentants ont eu le mérite de terminer la phase des poules en première position, ce qui leur procure déjà un ascendant moral non négligeable. Même si, désormais, tous les qualifiés se valent et gardent entières leurs chances de remporter le titre de l’édition de 2020.

Les TPMazmebé, Al Ahly, Ezzamalek, le Raja, le WAC et Mamelodi Sundowns sont, avec l’Espérance et l’Etoile, des ténors rompus à la compétition continentale. Ils ont un point commun : ils ont tous goûté aux charmes de la consécration.

Le palmarès de tous les qualifiés a été orné au moins une fois dans l’histoire comme c’est le cas de l’ESS (2007) ou de Mamelodi Sundowns (2016).

Bref, on est en plein dans la cour des grands.

L’Espérance affrontera Ezzamalek qui compte cinq trophées dont le dernier remonte à 2002. Un bail, diront d’aucuns ! Mais les «Zamalkaouis» veulent  justement redorer leur blason en commençant par l’élimination du tenant du titre : l’Espérance qui n’est pas des moindres grâce aux 4 titres épinglés sur son tableau de chasse (1994, 2011, 2018 et 2019).

Pour sa part, l’Etoile sera aux prises avec le Widad Casablanca, finaliste malheureux de 2018 face à l’Espérance et champion d’Afrique des éditions de 1992 et 2017.

C’est pour dire que c’est, au fait, une affaire de clubs huppés dont la notoriété est largement ancrée. Et du coup, à partir des quarts de finale, tous les duels seront indécis et ne permettent aucun pronostic.

Aller le plus loin possible

L’objectif de nos deux représentants sera d’aller le plus loin possible dans cette joute, à commencer par ces quarts de finale, où il faut absolument fructifier l’avantage de la manche aller à jouer chez l’adversaire. Ce n’est qu’en parvenant à éviter la défaite à l’aller, voire à marquer des buts à l’extérieur, que la tâche deviendrait beaucoup plus facile en Tunisie. Mais par la suite, les choses iront en se forçant aux tours suivants, particulièrement si les deux clubs les plus performants dans la phase des poules ,à savoir le T.P.Mazembe et Mamelodi Sundowns, accédaient aux demi-finales. A ce propos, il faut rappeler que ces deux ogres sont les seuls à n’avoir concédé aucune défaite jusqu’à présent. Et qu’ils pratiquent un football offensif, à donner le tournis. Certes, les duels en aller-retour diffèrent de ceux des poules, mais les chances des postulants qui marquent beaucoup de buts, à l’instar du Congolais et du Sud Africain seront plus grandes pour gagner et remporter la sacre. Qu’en sera-t-il donc des chances de l’Espérance et de l’Etoile? Pour ce qui est de l’Espérance ,dont l’effectif a connu une mue de l’ordre de cinquante pour cent par rapport à l’édition précédente, cela n’a pas engendré le moindre impact négatif. Au contraire, les nouveaux venus ont démontré qu’ils n’ont rien à envier à leurs prédécesseurs. De surcroît, l’Espérance de cette saison est devenue plus entreprenante sur le plan collectif ,tout en continuant à posséder des individualités de très bon niveau à l’image de Hamdou El Houni, Abderraouf Benguith, Coulibaly, Elyès Chetti et Bilel Ben Saha en particulier. Quant à l’Etoile, elle alterne les bons et les mauvais résultats, notamment en raison des problèmes internes que le club sahélien connaît et des changements à répétition d’entraîneurs. Mais l’équipe sahélienne qui n’est autre que le champion arabe en titre ,demeure un vrai casse-dent pour ses adversaires quels que soient leurs carrures.

Gare aux traquenards d’Ahmed Ahmed!

Toutefois, si ça ne tenait qu’en football ,à la volonté et aux moyens de nos deux ambassadeurs, on reste en mesure d’affirmer qu’aussi bien l’Espérance que l’Etoile sont nettement capables de s’imposer et d’offrir à la Tunisie un nouveau titre africain. Cela est dans leurs cordes sans l’ombre d’un doute.

Mais ce dont on a peur c’est la possibilité de machiavélisme extra-footballisitque dont pourraient être victimes l’un de nos deux clubs ou les deux à la fois. C’est qu’il n’est plus un secret pour personne que certains membres de la CAF et à leur tête Ahmed Ahmed, le président, ne portent pas les clubs tunisiens dans leur cœur. Les «macabres» événements ayant émaillé la dernière finale remportée par l’Espérance aux dépens du Widad Casablanca sont encore frais dans nos mémoires.

Aussi, il n’est pas exclus que nos deux représentants fassent l’objet d’injustices de tout genre : arbitrage maison, favoritisme servant l’intérêt des clubs marocains et/ou égyptiens.

Ce qui est monnaie courante malheureusement en Afrique.

De ce fait, la compétition ne se jouera pas uniquement sur les terrains mais surtout dans les coulisses et dans l’ombre. Ceci est une chose sûre ! D’ailleurs ou ne peut que tirer son chapeau devant l’Espérance qui a eu le grand mérite de décrocher, deux fois de suite, des deux derniers titres africains contre vents et marées et en sortant indemne du «guêpier» de la CAF. Seulement ce n’est pas fini pour autant !

A.B.

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