L’Orchestre et Chœur de l’Opéra de Tunis du Pôle musique et formations symphoniques du théâtre de l’opéra ont convié, mercredi dernier, le violoniste vénézuélien Alexis Cardenas et son quartet, un voyage musical dans les sonorités les plus éclatantes entre le classique, le jazz et le populaire qui a donné du peps et des ondes positives à un public peu nombreux, mais fortement attentif.

Le public tunisien aime naturellement et sans grand effort la culture latino qu’elle vienne d’Espagne ou d’Amérique du Sud, et ce quartet composé de virtuoses musiciens vénézuéliens s’est retrouvé dans un terrain déjà conquis.

Les rythmes sont coquins, joueurs, espiègles, nourris de fougue et de passion. Alexis Cardenas a montré la générosité d’une musique que nous ressentons si familière et si proche via un programme généreux où le violon se place en pivot au milieu d’un piano, d’une contrebasse et d’un cuatro, une petite guitare à quatre cordes, qui offre beaucoup de possibilités de jeu rythmique.

Cardenas et son quartet nous font un tour de piste des plus frénétiques dans la première partie de la soirée avec du jazz, du modern jazz, du baroque, du classique et du populaire. L’artiste signe ses performances en jouant de son violon avec la dextérité d’un musicien qui mérite bien son qualificatif, de premier violon super-soliste de l’Orchestre d’Ile-de-France à Paris. Sans oublier les dizaines de prix qu’il a raflés à travers le monde. L’ensemble du programme est à résonance latine. La musique jouée,  signée par des compositeurs d’Amérique latine, de Colombie et du Venezuela, n’était pas toutefois hermétique aux influences mondiales en s’accordant à des envolées rythmiques du jazz notamment, qui s’ajoutent à l’ensemble sans l’alourdir.

Pour ce musicien à la formation classique, ce genre de quartet est une expérience libératrice qui, auprès d’une rencontre on retrouve des origines, renoue avec la tradition, se livre aux envolées de l’improvisation, mélange les genres, prend et donne du plaisir en vivant librement sa passion.

Car, en utilisant la force de son identité latino-américaine, ce quartet interprète avec virtuosité les thèmes de grands compositeurs du continent, tels Astor Piazzolla, Aldemaro Romero, Egberto Gismonti, Hermeto Pascual et Hamilton de Holanda, mais aussi du Bach et du Saint Saëns.

En seconde partie du concert, Cardenas invite les instrumentistes de l’Orchestre et Chœur de l’Opéra de Tunis pour jouer ensemble un des morceaux les plus importants de la littérature symphonique vénézuélienne et sud-américaine : une composition de Aldemaro Romero pianiste, compositeur, arrangeur et chef d’orchestre vénézuélien. Et c’était une première : «C’est une musique assez compliquée parce que Aldemaro Romero s’est inspiré de la musique populaire sud-américaine pour faire un exercice de style, et pour jouer ce morceau, il faut bien connaître les origines de cette musique qui est El Joroppo (une musique très festive spécifique au Venezuela et à la Colombie) que, généralement, seuls les musiciens populaires savent jouer et c’était magnifique de partager cela avec l’orchestre tunisien», déclare-t-il à la fin du concert.

Et il ajoute : «Avec le quartet, nous prenons du plaisir à voyager avec la musique dans le temps et dans l’espace, c’est un projet qui mélange le classique, le baroque, le jazz, le modern jazz, la musique populaire et toutes les musiques de l’Amérique latine; on offre un concert festif et tonique avec une grande place accordée à l’improvisation, cette étrange alchimie qui nous lie par la technique et le feeling et qui rend chaque concert unique».

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