Une rencontre avec l’auteure, journaliste, interprète et réalisatrice française, Michaëlle Gagnet, a eu lieu le lundi 10 février à l’Institut français de Tunis autour de son dernier ouvrage intitulé : «L’amour Interdit : sexe et tabous au Maghreb».

Avec la complicité des librairies Al Kitab, la rencontre était modérée par Hedia Abdelkefi et le dialogue s’est enrichi avec la présence de la sociologue Monia Lachheb qui partage la même curiosité avec Michaëlle pour tout ce qui touche la société et tout ce qui concerne les jeunes Tunisiens et Maghrébins.

Journaliste et réalisatrice de documentaires et reportages pour Arte, France 2, France 5 et M6, Michaëlle Gagnet, qui a vécu trois ans en Tunisie, a mené une enquête sur l’amour et la sexualité en Tunisie, en Algérie et au Maroc. D’ailleurs, elle s’est inspirée de son récent documentaire, «Sexe et amour au Maghreb» diffusé sur M6, pour publier un nouveau livre qui porte sur la même thématique.

L’œuvre, parue le 12 juin 2019 chez Editions de l’Archipel et préfacée par l’écrivaine franco-marocaine Leila Slimani, vient sous forme de 26 chroniques qui sont réparties en 9 sections. Dans cet ouvrage, l’écrivaine a recueilli une série de témoignages édifiants qui «raconte un pays, une culture, une religion et une époque» qui marque la jeunesse maghrébine. Une dizaine d’hommes et de femmes, de couples et de célibataires, d’hétérosexuels et d’homosexuels en Tunisie, au Maroc et en Algérie racontent leurs histoires en soulignant la difficulté de leur combat contre l’oppression, la stigmatisation, la marginalisation et contre les lois rétrogrades.

Chaque chapitre se construit autour d’une histoire et met en lumière une problématique particulière dans ces sociétés : le baiser échangé qui représente toujours un attentat à la pudeur, la virginité qui est encore sacralisée, le concubinage qui est toujours interdit, le mariage en tant qu’une obligation, les mères célibataires, l’homosexualité, le harcèlement sexuel, l’avortement…

À travers ce livre bien documenté, elle donne aussi la parole à des professionnels de santé et à des militants engagés pour les droits des femmes et de la communauté Lgbt en incluant deux entretiens avec les deux activistes féministes Bochra Belhaj Hmida et Olfa Youssef.

Selon l’auteure de «La Mort Apaisée : chroniques d’une infirmière en soins palliatifs», en Tunisie, le pays le plus éclairé du monde arabe, la révolution sexuelle n’a pas encore eu lieu, le poids de la religion et des traditions pèse encore sur les jeunes et «l’amour prend souvent l’allure d’un sport de combat». Les jeunes souffrent encore à cause de leurs orientations et leurs vies sexuelles.

«Aimons toujours, aimons encore !» C’était le mot de la fin pour ce débat riche et instructif qui a abordé des tabous épineux en relation avec les contraintes sociales et religieuses étouffant encore les jeunes Maghrébins, et qui a aussi mis en valeur leur résistance et leur bataille qui se poursuivent toujours vers un avenir meilleur.

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