Des défaites aux derbies tunisois et puis un nul frustrant devant le CSHL (avec en plus une prestation faible et peu consistante), le CA a perdu 8 points sur 9 possibles. Trop pour une équipe qui revient d’une série fantastique à l’aller.

Après des victoires de suite, une équipe qui charme et qui joue avec grand courage (malgré 6 points ôtés à cause de la nonchalance de A. Younsi), voilà maintenant (paradoxalement) une équipe qui a du mal à s’exprimer, qui a du mal à rester sobre et à mettre de l’impact dans son jeu. Et malgré un mercato actif, Dridi n’aura pas bénéficié d’une plus-value technique. Au contraire, ses cadres, rayonnants à l’aller à l’image de Chammakhi, Ben Yahia, Jaziri et Compaoré, marquent le pas. Ils ne sont plus vivaces, ils ne font plus rien pour faire la différence. Des points sont perdus.

Au grand dam d’un public furieux (et il a raison !) qui a mis plus de 5 millions de dinars dans les caisses du CA, mais qui voit que l’entraîneur et les joueurs, jusque-là fermes et solidaires, commencent eux aussi à fléchir. Et à refléter l’image triste et désespérante d’un club très mal géré et qui s’engouffre tant dans les tracas et les «bêtises» du quotidien. Ce qui se passe au CA est très dangereux : c’est la démission totale de Younsi, esseulé après les départs de ses pairs du comité directeur. Une démission totale d’un président qui n’a plus les moyens et la «légitimité» pour faire face à des problèmes de tous genres (litiges avec les ex-joueurs, besoins financiers de toutes les sections, très mauvais encadrement…). Il est seul, il est toujours absent, introuvable et incapable de mettre des gens de calibre pour faire fonctionner cette énorme institution sportive. Le CA souffre, et ce n’est pas aujourd’hui qu’on l’a constaté. Mais, à force de voir les tares et les épisodes se multiplier, à force d’entendre ces «cancans» qu’on dit autour du club, à force surtout de mesurer la grogne de ce public fabuleux, il est temps (tard même) de mettre de l’ordre dans la maison. Ce qu’on a vu contre le CSHL c’est un CA démotivé, «aigri» et désarmé qui, à l’image de ses dirigeants (ou de ce qu’il en reste) et à l’image de son quotidien. Ça va mal, et l’équipe, comme on l’a vu caler et mal gérer les moments-clés du match, risque de perdre encore du terrain. Et quand ça va mal, il faut faire le nécessaire et très vite. Chaque jour qui passe est une contrainte de plus. Il n’y a pas beaucoup de solutions face à cette «impuissance» et ce marasme. Abdessalem Younsi, aussi loyal à son club, doit avouer qu’il est un problème et non une solution. Il doit être honnête pour partir et permettre à des dizaines d’hommes et de femmes clubistes ayant les compétences, l’argent et l’expérience de redresser la barre. C’est à lui de faire et de provoquer un début de solution. Sinon, c’est l’impasse. Et il finira comme tous ceux qui se sont accrochés à leurs sièges bon gré mal gré. Va-t-il être intelligent et sortir avec un minimum d’estime? En tout cas, il doit bien savoir qu’il est indésirable aux yeux de presque tout le monde !

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