L’Espace Aire Libre El Teatro a célébré la fête des amoureux à sa façon avec le vernissage de l’exposition «Ecce Eros» de la jeune artiste peintre Amira Yaâkoubi.

«Ecce Eros», voici l’amour, évoque une thématique qui rend hommage à la femme, à la sensualité et à l’amour. «Aime-moi et laisse-moi t’aimer…». Un sujet qui se marie avec la date que l’artiste a choisie pour inaugurer son exposition, le jour de la Saint-Valentin.

Selon l’artiste, «Que ce soit la date, un 14 février ou un 14 janvier, on parle toujours de l’amour, de la révolution et de la liberté».

Sexologue de formation, Amira Yaâkoubi explore les facettes de la sexualité à sa propre manière et dépeint le vécu de la femme face à la société qui cherche toujours à la juger, la recadrer et la contrôler. 

A travers ses œuvres artistiques, Amira cherche à éliminer les barrières sexuelles tout en posant des problématiques sexologiques qui représentent des problèmes d’ordre anthropologique, social et politique et qui impactent la vie quotidienne, selon elle. La mutilation de la femme, le vaginisme, les psychotraumatismes ou encore les agressions subis par les femmes partout dans le monde ont poussé l’artiste à refléter cette réalité et à représenter la quête de la libération de la femme, autrement. 

La femme peinte par le pinceau de la jeune artiste est une représentation de la femme libre qui se réconcilie avec son corps, qui aime ses formes et ses rondeurs, qui se révolte contre les normes et les stéréotypes rétrogrades et qui poursuit le combat féministe.

Entre sexualité, sensualité et érotisme, cette exposition retrace des visages, des expressions, des corps, des formes et des rondeurs. Les œuvres véhiculent une image de la femme forte, libre, belle et rebelle dans tous ses états, la maternité, le plaisir, la folie…

Depuis son enfance, l’artiste, qui vient de clôturer son exposition personnelle à Paris intitulée «Exit Motus», était passionnée par la peinture. Médecin nomade, son travail avec l’association humanitaire internationale «Médecins sans frontières» lui a permis de voyager dans de lointaines contrées. Elle s’est inspirée de ses voyages et de ses découvertes des différentes cultures alléchantes et des civilisations diverses. Essentiellement, elle s’inspire des couleurs d’Afrique, des graphismes et du tissu wax.

 Esthète dans l’âme, Amira Yaâkoubi a déjà participé à plusieurs expositions collectives avec l’artiste plasticien, l’agitateur culturel et le directeur artistique de la galerie baptisée Aire Libre d’El Teatro, Mahmoud Chalbi, à l’espace Ken et au palais El Abdellia.

Mêlant une multitude de techniques variées entre l’acrylique, les pastels secs, gras et la calligraphie sur toile, elle laisse son pinceau explorer le contraste entre les différentes matières et reste toujours tentée par de nouvelles expériences.

Pour elle, cette exposition est un rêve d’enfance devenu réalité puisque c’est sa première exposition personnelle à El Teatro, un endroit qu’elle affectionne particulièrement. «Ça me fait toujours plaisir d’exposer mes tableaux en Tunisie, ça évoque toujours des sensations uniques».

L’exposition artistique qui propose «une folie parallèle, une existence libérée et amoureuse en dehors des dédales des peurs archaïques» s’étalera jusqu’au 2 mars prochain. 

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