La vétusté et la précarité de nos transports en commun légaux, illégaux ou tolérés n’ont plus besoin que l’on fasse la preuve de leur implication dans la souffrance quotidienne que vivent plus spécialement les travailleurs et paysans des régions défavorisées, notamment rurales.
Il ne se passe pas une semaine sans qu’une nouvelle catastrophe ne vienne rappeler les villageois ou les citoyens des cités populeuses au triste destin qui les assaille.
En bruit de fond, pourtant, les responsables politiques ne cessent de promettre et de programmer les mégaprojets les plus impressionnants, les modernisations les plus époustouflantes, les systématisations les plus mobilisatrices, comme inscrites dans une  dynamique inéluctable que la révolution aurait promise à ses citoyens de toutes les conditions.
Mais si l’on excepte le vrai mégaprojet du RFR (Réseau ferroviaire rapide de Tunis), conçu bien avant la révolution mais qui n’a fait qu’électrifier le train de la banlieue sud, point de réformes, point  de miracles, rien qui rassure ou augure d’une quelconque reprise en main du secteur.
Mais, sait-on que les transports représentent une part essentielle de la prospérité économique d’un pays et de l’appel au travail et à l’abnégation dans des conditions d’attractivité permanentes, de confort renouvelé et de modernité qui concourent aux ambitions nationales, au même titre que l’appel aux investissements, à la technologie ou à la productivité, laquelle productivité est d’ailleurs tributaire d’un transport disponible, confortable, ponctuel et fiable comme dans toute démocratie qui se respecte.
Mais bien loin de tous ces rêves devenus chimériques pour le citoyen tunisien, mettons pied à terre un moment pour reconsidérer toutes les constructions négatives, tous les systèmes «D» et toutes les pratiques non légiférées et trop tolérées auxquelles se heurtent, au quotidien, nos si nombreux voyageurs mal lotis.
Ces taxis collectifs sans station qui font fi de bout en bout du code de la route, roulant à tombeau ouvert sans le moindre égard ni pour leurs clients ni pour les autres usagers de la route ni la police.
Cessons alors ces jérémiades et ces larmes de crocodile face à ces vies humaines perdues, cessons ces débats de lamentation dans les différents médias nationaux, mettons en couveuse promesses et fanfaronnades jusqu’au réveil effectif des consciences.

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