Outre les mesures d’aide prises par l’Etat et les ONG, des familles tunisiennes ont exprimé leur disposition à accueillir des exilés libyens fuyant la guerre dans leur pays.

Face à la détérioration continue de la situation sécuritaire dans leur pays, désormais plongé dans le chaos depuis le renversement du régime de Kadhafi, ils sont des centaines de libyens à affluer en Tunisie à la recherche d’un refuge. Certes, on déplore l’indisponibilité de statistiques officielles sur l’ampleur de ce flux. Mais il est certain que le nombre d’exilés ne cesse de monter, au fur et à mesure de la dégradation de la situation. Selon des sources du Croissant-Rouge tunisien, «notre pays absorbe, pour le moment, plus de 80% du flux, le reste des réfugiés (particulièrement ceux habitant près des frontières égyptiennes) préférant se retrancher dans le pays des Pharaons.

Face à ce remake qui éveille en nous le souvenir de 2011 au plus fort de la révolution libyenne, les autorités tunisiennes ne semblent avoir rien laissé au hasard pour gérer cette «nouvelle invasion». Et cela en aménageant des camps d’accueil, en mobilisant des équipes médicales, en servant nourriture et draps, tout en facilitant les formalités aux différents postes frontaliers, notamment ceux les plus sollicités de Ras Jédir et Dhehiba.

Mettant la main à la pâte, des ONG s’activent, à leur tour, pour parer au plus pressé. Tout cela, on le sait. Mais, ce qui est plus frappant, c’est justement cet extraordinaire élan de solidarité qui s’est emparé des familles tunisiennes, lesquelles ont exprimé leur entière disposition à accueillir une partie de la communauté des  réfugiés libyens. Ce noble sentiment d’entraide est plus remarquable dans nos gouvernorats du Sud (Tataouine, Tozeur, Gabès et surtout Médenine) où des ONG font état de cas de prise en charge de réfugiés par des habitants de ces régions. «Ils le font avec une telle spontanéité qu’ils n’exigent aucune contrepartie», affirment ces sources, qui ne tarissent pas d’éloges sur cet élan de solidarité qui a «contribué jusqu’ici à la réussite des plans de secours établis par l’Etat».

Dans le même contexte, nous apprenons que des familles résidant dans le Grand-Tunis ont rejoint ce mouvement humanitaire, en acceptant de faire loger, gratis, des exilés libyens au nom des liens de parenté, sachant que beaucoup de nos frères de ce pays voisin ont des épouses d’origine tunisienne. «On y a adhéré au nom de Dieu», lâche une dame qui assure avoir été la première à encourager sa fille et son mari libyen à, rapidement, fuir ce pays pour venir s’installer chez elle à Ben Arous. Que fera-t-elle plus tard de ce couple? «L’essentiel, murmure-t-elle, est que j’ai sauvé ma progéniture. Après, tout dépendra des développements de la crise en Libye. Si la paix y est rétablie, ils peuvent rentrer. Le cas contraire, je les aiderai à refaire leur vie ici».

Mohsen ZRIBI

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